Déficit public: la Cour des comptes juge l’objectif <3% du PIB en 2029 de plus en plus incertain, entre faux départs et 23 Md€ d’impôts

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La Cour des comptes juge de plus en plus hypothétique l’objectif d’un déficit public < 3 % du PIB en 2029 : les « faux départs » et un redressement 2025 limité à 0,4 point (principalement via ~23 Md€ de hausses d’impôts) réduisent la marge de manœuvre et exposent la France à un risque de non-respect de ses engagements européens.

La Cour des comptes juge « de plus en plus hypothétique » l’objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2029. Dans son rapport sur l’état des finances publiques, publié jeudi 19 février, elle alerte sur le retard accumulé et souligne que « les efforts ne peuvent désormais plus être relâchés », formule reprise par Carine Camby, qui assure l’intérim à la tête de la Cour.

Un objectif rendu fragile par les « faux départs »

Le rapport met en avant une série de contretemps politiques et de reculs qui ont réduit la marge de manœuvre budgétaire. Selon la Cour, la trajectoire envisagée pour 2025 — un ajustement total de 1,1 point de PIB réparti entre 40 milliards d’euros d’économies et 20 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires — n’a pas été tenue.

En conséquence, l’amélioration constatée en 2025 s’élève à seulement 0,4 point de PIB, soit presque trois fois moins que l’objectif initial. La Cour précise en outre que cette progression est « quasi exclusivement imputable aux hausses d’impôts », évaluées à environ 23 milliards d’euros.

Les constats articulés dans le rapport

Le document souligne d’abord que l’exécution du budget 2026 pourrait, à tout moment, placer la France en défaut par rapport à ses engagements européens. Cette formulation indique que les risques sont jugés sérieux et qu’ils résultent d’un cumul de décisions antérieures plutôt que d’un incident isolé.

La Cour attire également l’attention sur la difficulté pour les années suivantes : atteindre la cible de déficit en dessous de 3 % du PIB en 2029 apparaît de plus en plus incertain. Ce diagnostic met la responsabilité sur les prochaines décisions budgétaires et sur le successeur annoncé d’Amélie de Montchalin, qui devra prendre en main un dossier qualifié d’« excessivement ardu ».

Transition à la tête de la Cour et timing politique

Carine Camby, citée dans le rapport, assure l’intérim entre le départ du premier président Pierre Moscovici et l’arrivée d’Amélie de Montchalin, prévue lundi 23 février. La mention de ces dates et de cette succession souligne l’importance du calendrier politique pour la mise en œuvre des mesures recommandées par la Cour.

Le rapport ne se contente pas d’énoncer les risques : il pointe aussi la responsabilité des choix passés. La combinaison d’économies insuffisantes et d’une forte hausse des recettes fiscales pour compenser le déficit a modifié la nature de l’ajustement réalisé en 2025.

Ce que décrivent les chiffres

Les chiffres fournis confirment la trajectoire dégradée : l’ajustement attendu de 1,1 point de PIB en 2025 s’est transformé en un gain réel de 0,4 point. Cette différence se traduit en termes concrets par plusieurs dizaines de milliards d’euros de marges non retrouvées. La part imputée aux hausses d’impôts, chiffrée à environ 23 milliards d’euros, illustre que le redressement observé repose principalement sur l’augmentation des recettes plutôt que sur des réductions de dépenses.

La Cour met en garde contre les conséquences d’un relâchement des efforts budgétaires. Si le cap n’est pas réaffirmé et si des mesures structurelles ne sont pas mises en place, la probabilité de ne pas respecter les engagements européens à court terme augmente, selon l’analyse contenue dans le rapport.

Le rapport invite indirectement au réalisme : les marges disponibles sont désormais limitées et toute décision favorable au statu quo accroîtrait les risques de dérive budgétaire.

En l’état, la trajectoire vers un déficit inférieur à 3 % du PIB en 2029 apparaît fragile. Le prochain ministre du budget héritera d’un calendrier serré et d’exigences élevées pour concilier contraintes européennes, équilibre des comptes publics et choix politiques domestiques.

Parlons Politique

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