Par Marie Bellan
Une étude conjointe du Citepa et de l’Association pour la transition bas carbone (ABC) établit l’empreinte carbone moyenne des Français à 8,5 tonnes de CO2 équivalent par adulte. Ce chiffre, mis en avant par les auteurs, masque selon eux d’importantes disparités liées à l’âge, au niveau de revenus et au mode de vie.
Méthode et champ de l’indicateur
Le travail présenté par le Citepa — l’organisme indépendant chargé du calcul des émissions en France — et par l’ABC repose sur la notion d’empreinte carbone dite « consommation », qui inclut l’ensemble des émissions associées aux biens et services consommés. Autrement dit, l’indicateur intègre aussi les émissions embarquées dans les produits importés, et non uniquement celles émises sur le territoire national.
Cette approche se distingue du bilan territorial, qui comptabilise seulement les émissions directement produites sur le sol national. En intégrant les émissions liées aux importations, l’empreinte consommation cherche à refléter plus fidèlement la pression climatique attribuable aux modes de consommation d’une population donnée.
Les auteurs précisent que cette évaluation affine une première estimation publiée en 2023 en collaboration avec l’Ademe. La version dont il est question dans cet article est partielle et réservée aux abonnés ; la date précise de présentation n’est pas indiquée dans le texte accessible.
Quels facteurs expliquent les disparités observées ?
Le résumé de l’étude signale que l’empreinte moyenne de 8,5 tCO2e par adulte cache des écarts importants selon plusieurs facteurs socio-économiques. L’âge, le niveau de revenus et le mode de vie sont cités comme déterminants majeurs, sans que la version publique ne livre dans le détail toutes les quantifications.
De manière générale, les mécanismes expliquant ces différences sont connus : un niveau de revenu plus élevé peut entraîner une consommation accrue de biens, des déplacements aériens plus fréquents, et l’occupation de logements plus grands, autant de postes qui augmentent l’empreinte carbone. À l’inverse, des ménages aux revenus plus modestes peuvent présenter des émissions directes plus faibles, mais rester exposés à des émissions importées via certains biens de consommation.
Le rôle du mode de vie apparaît également central. Les choix relatifs aux transports, à l’alimentation, au chauffage et aux biens durables conditionnent fortement le profil d’émissions d’un ménage. L’étude souligne ces axes sans en rendre publics tous les chiffres, la version intégrale contenant les analyses statistiques détaillées.
Implications pour la politique climatique française
La France est, selon l’article, le seul pays à intégrer l’empreinte carbone dans sa Stratégie nationale bas‑carbone (SNBC). Cette intégration a des conséquences pratiques : elle permet d’orienter les politiques non seulement vers la réduction des émissions produites localement, mais aussi vers la maîtrise des émissions importées liées à la consommation.
En pratique, la reconnaissance de fortes disparités entre ménages pose des défis en matière d’équité sociale. Une approche fondée sur l’empreinte consommation rend nécessaire la conception de mesures différenciées, qui tiennent compte des capacités financières et des comportements des différents groupes de population.
Les auteurs insistent sur l’importance d’affiner les outils de mesure pour piloter les politiques publiques. La mise à jour méthodologique, présentée comme plus précise que l’évaluation de 2023, vise à mieux identifier les leviers d’action ciblés pour réduire l’empreinte des ménages.
Les éléments détaillés et les tableaux chiffrés restent consultables dans la version intégrale de l’étude, qui n’est pas entièrement accessible dans la version publique de l’article. Les conclusions générales mettent toutefois en lumière la nécessité d’adapter les politiques climatiques aux réalités de consommation et aux inégalités.





