Le ministère des Transports a annoncé, jeudi 5 février dans la soirée, la nomination de deux médiateurs pour répondre au mouvement de grève déclenché par des marins de Marseille se disant mobilisés « pour défendre l’emploi maritime ».
Deux médiateurs désignés et calendrier serré
Le ministre Philippe Tabarot a nommé François Lambert et Bernard Mazuel « afin d’animer une consultation (…) pour définir des axes structurants donnant des perspectives concrètes sur les court et moyen termes aux acteurs concernés ». Selon le communiqué du ministère, ce travail « devra produire des conclusions rapides, dans un délai de six à huit semaines », et des premiers contacts entre les parties devront intervenir « dès la semaine prochaine ».
François Lambert est présenté comme directeur général de l’École nationale supérieure maritime. Bernard Mazuel est identifié comme consultant en économie portuaire et maritime et membre de l’Académie de marine. Le ministère a ainsi choisi des profils mêlant responsabilité institutionnelle et expertise sectorielle pour piloter la concertation.
Une réunion de conciliation à la préfecture
Une réunion de conciliation s’est tenue jeudi matin à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Y ont participé les syndicats SAMMM, STC La Méridionale et la CGT des marins de Corsica Linea et de La Méridionale, les directions des deux compagnies La Méridionale et Corsica Linea, ainsi qu’un membre du cabinet du ministère des Transports.
Lors de ces échanges, les représentants du personnel ont insisté sur la situation du transport maritime de passagers sous pavillon français. Ils ont notamment évoqué « le dumping social et les risques pesant sur la préservation d’une filière maritime française de haut niveau et la desserte de la Corse », rappelle le ministère.
Revendiations, reconduction de la grève et attentes
Les grévistes affirment vouloir « lutter contre le dumping social » et défendre le pavillon français en Méditerranée. Ils se sont déclarés insatisfaits « des propositions faites par l’Etat et les compagnies », selon leurs déclarations relayées lors de la rencontre.
La grève a été reconduite jusqu’à vendredi matin, les marins ayant exprimé « l’attente d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français », a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille. Ce point montre l’importance accordée aux garanties formelles plutôt qu’aux seules déclarations d’intention.
Positions croisées et volonté de dialogue
Le ministère précise que « les entreprises concernées ont également fait part de leurs inquiétudes tout en confirmant leur volonté de travailler de manière coordonnée sur ce sujet ». Cette formulation illustre un double constat : des tensions sur les conditions de travail et la concurrence sociale, et, en parallèle, une ouverture au dialogue entre acteurs publics et privés.
Le ministère affirme par ailleurs « prendre pleinement la mesure de ces craintes partagées ». Il ajoute que ces sujets, « identifiés depuis plusieurs mois voire plusieurs années, appellent une prise en charge rapide afin de définir une vision claire et durable pour l’avenir du “pavillon France 1er registre” et des emplois associés ». La désignation des médiateurs s’inscrit donc dans une démarche visant à produire des propositions opérationnelles dans un délai jugé court par l’exécutif.
Au moins pour les prochaines semaines, les discussions menées par les médiateurs seront donc au centre des attentes : les syndicats réclament des engagements écrits et rapides, tandis que l’Etat et les entreprises affichent la volonté d’engager une concertation structurée pour clarifier l’avenir du transport maritime de passagers sous pavillon français.




