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La recentralisation du RSA en Seine-Saint-Denis : levier d’insertion durable ? Accompagnement personnalisé et premiers résultats positifs

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L’expérimentation de recentralisation du RSA en Seine‑Saint‑Denis, lancée en 2022, vise à recentrer une part du financement sur l’État et à renforcer l’accompagnement des près de 90 000 bénéficiaires pour favoriser l’insertion. Les premiers signaux sont jugés positifs — parcours personnalisés, meilleure coordination des services et évaluation renforcée des besoins linguistiques, illustrés par le cas de Wafi Faouzi orienté vers des cours de français — mais les autorités appellent à un suivi prolongé pour confirmer l’impact sur l’emploi et l’autonomie.

L’expérimentation de recentralisation du Revenu de solidarité active (RSA), lancée en 2022, commence à donner des premiers résultats jugés positifs dans le département de la Seine‑Saint‑Denis. L’objectif déclaré du dispositif est double : rendre à l’État une partie du financement du RSA et renforcer l’accompagnement des bénéficiaires — au nombre d’environ 90 000 dans le département — pour favoriser leur insertion sociale et professionnelle.

Un dispositif recentralisé et ses objectifs

La recentralisation du RSA vise à modifier l’organisation et la répartition des responsabilités entre les acteurs locaux et l’État, afin d’optimiser la gestion des financements et d’améliorer le suivi des allocataires. Dans la Seine‑Saint‑Denis, cette expérimentation est présentée par ses promoteurs comme « un levier d’insertion durable ». Selon les éléments rapportés, elle doit permettre une allocation plus ciblée des moyens et un renforcement des parcours d’accompagnement vers l’emploi ou la formation.

Les indications disponibles indiquent que, depuis son lancement en 2022, le dispositif enregistre des « signaux positifs » sur certains indicateurs d’accompagnement — formulation remontée dans les comptes rendus locaux. Ces résultats restent décrits de manière prudente et circonscrite au périmètre expérimental ; ils concernent en particulier la mise en place de parcours personnalisés pour les bénéficiaires et la coordination entre services.

Parcours d’un bénéficiaire : le cas de Wafi Faouzi

Le témoignage de Wafi Faouzi illustre concrètement les enjeux de ce nouveau cadre d’accompagnement. Arrivé en France il y a trente ans et titulaire de la nationalité française, M. Faouzi était jusqu’à 2022 actif comme boucher. Un accident de moto survenu cette année-là l’a rendu inapte à son métier ; depuis, il perçoit le RSA en attendant une éventuelle pension d’invalidité.

Père de deux enfants, il se retrouve pour la première fois sans activité et a décidé de consacrer ce temps libre à l’apprentissage de la langue. En 2025, il a suivi le processus d’évaluation en français proposé par le réseau Apprendre le français en Seine‑Saint‑Denis. Lors d’un rendez‑vous à Bobigny, son niveau oral et écrit a été évalué : après trente ans passés en France, il ne sait toujours pas lire ni écrire.

« J’aurais aimé avoir la possibilité d’apprendre plus tôt, mais je n’y pense pas. L’important, c’est d’avancer. Et maintenant, j’ai hâte de commencer mes cours », confie M. Faouzi. C’est son conseiller France Travail qui l’a orienté vers ce parcours d’évaluation et de formation.

Accompagnement linguistique : modalités et enjeux pour l’insertion

Le réseau Apprendre le français en Seine‑Saint‑Denis propose un processus d’évaluation destiné à préciser les besoins linguistiques des publics concernés, en particulier ceux récemment sortis du marché du travail ou en situation de reconversion. L’évaluation porte sur les compétences orales et écrites et sert d’étape préalable à l’orientation vers des formations adaptées.

Sarah Jacquard, évaluatrice de français à la permanence de Bobigny pour ce réseau, explique la plus‑value de ce diagnostic : « Pour un conseiller emploi classique, ce n’est pas évident de diagnostiquer précisément les besoins de la personne en langue ». À partir de cette évaluation, elle a orienté M. Faouzi vers des cours deux fois par semaine, une fréquence choisie pour concilier progression et contraintes personnelles.

La maîtrise du français est ici présentée comme un élément clé pour l’accès à l’emploi, mais aussi pour l’autonomie administrative et l’intégration sociale. Dans le cadre de la recentralisation du RSA, renforcer l’évaluation et la formation linguistique s’inscrit donc dans une logique de parcours plus individualisés, censés améliorer les chances de retour à l’activité ou de stabilisation des situations.

En Seine‑Saint‑Denis, près de 90 000 bénéficiaires du RSA sont concernés par les changements de gouvernance et d’accompagnement. Les responsables locaux évaluent les premiers effets de l’expérimentation sans acrimonie, en soulignant la nécessité d’un suivi prolongé pour confirmer les tendances observées et mesurer l’impact réel sur l’emploi et l’autonomie des allocataires.

Si le récit individuel de M. Faouzi met en lumière des besoins concrets — formation linguistique, suivi personnalisé, articulation entre services —, les promoteurs du dispositif insistent sur la dimension collective : il s’agit, selon eux, d’ajuster les moyens et les méthodes pour transformer les aides sociales en trajectoires durables d’insertion.

Parlons Politique

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