Le 18 janvier, à 17 h 03, l’alerte a été déclenchée à l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise (OVPF‑IPGP).
Un scientifique d’astreinte a reçu un message d’alerte vocale l’informant que la crise sismique en cours allait être suivie d’une éruption. La station sismique Rivière de l’Est (RER) avait détecté un signal « jerk » de forte intensité, expression utilisée par les équipes pour qualifier ce type de signal transitoire.
Deux heures et quarante‑cinq minutes plus tard, à 19 h 48, l’une des webcams positionnées en bordure de l’Enclos Fouqué a transmis les premières images d’une fontaine de lave, spectacle qui a réjoui les habitants.
Chronologie et détection
La séquence, telle que rapportée, est brève et précise : alerte à 17 h 03, émission d’un message vocal au scientifique d’astreinte, puis observation visuelle de l’éruption à 19 h 48. Le signal « jerk » détecté par la station RER est présenté comme le déclencheur de l’alerte.
Ces éléments décrivent un mode d’alerte qui combine détections instrumentales et observation visuelle. La période de 2 h 45 entre l’alerte et la première fontaine de lave constitue un intervalle temporel notable : il laisse entrevoir une fenêtre d’action pour les opérateurs et, potentiellement, pour les autorités locales.
Le projet de détection des précurseurs
François Beauducel, géophysicien à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), et des chercheurs du même institut ainsi que du Centre de recherche des sciences de la Terre allemand (GFZ Helmholtz) ont développé un projet visant à repérer certains signaux précurseurs des éruptions.
Selon leurs résultats, publiés en décembre 2025 dans la revue Nature Communications, il serait possible d’anticiper des remontées de magma jusqu’à huit heures et demie à l’avance. Les auteurs estiment que ce délai peut suffire pour organiser des mesures de sauvegarde en direction des populations exposées.
Le texte d’origine précise par ailleurs que, pour François Beauducel, il s’agissait de la 25e fois consécutive où il a réussi à prédire un phénomène de ce type. Cette récurrence, telle que rapportée, est soulignée comme un élément de satisfaction pour les équipes impliquées.
Implications pratiques et précautions
Le gain de quelques heures d’anticipation offre des possibilités opérationnelles : diffusion d’alertes, évacuations ciblées, et mise en sécurité d’infrastructures sensibles. Le communiqué mentionne explicitement que le délai annoncé par les chercheurs est « suffisant à la mise en place de mesures de sauvegarde pour les populations ».
Toutefois, l’article original ne détaille pas dans quelles conditions exactes ces prévisions sont fiables ni la proportion d’événements où la méthode a fourni une alerte utile. De même, les critères de détection du signal « jerk » et les seuils d’alerte retenus ne sont pas développés dans le texte fourni ici.
Par conséquent, si l’on retient les résultats rapportés, ils restent limités aux informations communiquées par les auteurs et doivent être interprétés en tenant compte de ces réserves.
Un outil complémentaire à la surveillance volcanique
Les travaux présentés apparaissent comme une contribution méthodologique à la surveillance volcanique. Ils associent l’analyse de signaux sismiques à des dispositifs de surveillance existants, comme les webcams et les stations sismiques, afin d’améliorer la détection des phases pré‑éruptives.
Pour les populations et les services de sécurité civile, l’intérêt principal tient au temps supplémentaire potentiel pour agir. Pour la communauté scientifique, ces résultats ouvrent des pistes de validation et de mise en pratique : il faudra documenter les conditions d’application, mesurer les taux de réussite et préciser les marges d’erreur.
En l’état, l’observation rapportée pour le piton de la Fournaise le 18 janvier illustre la promesse de ces approches : une alerte instrumentale suivie, quelques heures plus tard, d’une éruption visible. Les détails opérationnels et la généralisation de la méthode restent, quant à eux, à préciser dans les publications et rapports techniques des équipes concernées.
(Informations issues du compte rendu fourni : alerte à 17 h 03, observation à 19 h 48, publication dans Nature Communications en décembre 2025, déclaration relative à une anticipation possible de 8 h 30 et mention de la 25e prédiction réussie par François Beauducel.)





