Milano Cortina 2026 : Jeux d’hiver dits « verts » contestés — jusqu’à 930 000 t de CO2, millions de m3 de neige artificielle, ONG exigent réformes climatiques

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Milano Cortina 2026, présentée comme une édition « verte », suscite de vives critiques : des études estiment jusqu’à 930 000 t de CO2 (1,3 Mt en incluant certains sponsors) et des millions de m3 de neige artificielle menacent la couverture neigeuse. Experts et ONG demandent des transformations structurelles pour concilier Jeux d’hiver et objectifs climatiques.

Le 6 février 2026, la 25ᵉ édition des Jeux olympiques d’hiver a officiellement débuté entre Milan et la station des Dolomites, Cortina d’Ampezzo. Présentés comme une grande fête populaire, ces Jeux sont aussi l’objet de critiques récurrentes portant sur leur empreinte environnementale.

Promesses officielles et axes de la politique verte

Les organisateurs avaient promis de « protéger, valoriser et promouvoir la beauté naturelle des sites qui accueilleront les Jeux », une promesse présentée comme un engagement « à la planète » et « aux générations futures ». Sur le papier, Milano Cortina 2026 s’appuie sur un plan de gestion des émissions de gaz à effet de serre et plusieurs mesures destinées à limiter l’impact environnemental.

Parmi les initiatives mentionnées figurent l’utilisation d’une alimentation énergétique renouvelable, des actions pour réduire l’impact sur la biodiversité et des mesures pour limiter le gaspillage alimentaire en favorisant l’économie circulaire. Côté infrastructures, l’organisation souligne l’utilisation prioritaire d’équipements existants ou temporaires et l’achat de produits fabriqués à partir de matières recyclées. Au total, près de 85 % des sites de compétition étaient déjà existants ou conçus comme temporaires, selon le texte d’origine du projet.

Concernant l’enneigement, le comité organisateur affirme vouloir « limiter l’utilisation de neige artificielle au strict nécessaire » et mettre en place « une technologie moderne conçue pour améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’énergie et de l’eau ». Ces éléments visent à répondre au double défi posé par le réchauffement climatique et la variabilité de la neige.

Bilan chiffré et critiques extérieures

Malgré ces engagements, plusieurs observateurs alertent sur l’ampleur des impacts. Un rapport publié en janvier 2026 par Scientists for Global Responsibility et le New Weather Institute estime que l’organisation des Jeux pourrait entraîner près de 930 000 tonnes de gaz à effet de serre.

Selon ce rapport, la plupart de ces émissions proviendraient des déplacements des spectateurs, et entraîneraient la perte d’environ 2,3 km² de couverture neigeuse et plus de 14 millions de tonnes de glace. Le document ajoute qu’en incluant les émissions liées à trois sponsors principaux — le pétrolier ENI, le constructeur automobile Stellantis et la compagnie aérienne ITA Airways — le bilan pourrait s’alourdir d’environ 1,3 million de tonnes de CO2.

Dans ce scénario élargi, les auteurs estiment que ces émissions supplémentaires aboutiraient à une perte future de 3,2 km² de couverture neigeuse et à plus de 20 millions de tonnes de glace. Face à ces chiffres, l’Italie et d’autres pays européens voient se profiler une dépendance accrue à la neige artificielle.

Les Jeux 2026 ont aussi généré une production significative de neige artificielle, évaluée à environ 2 millions de mètres cubes. Le texte d’origine propose une comparaison fournie par les sources citées : 7 000 000 mètres cubes d’eau équivaudraient, selon elles, à « sept fois le volume de la cathédrale Notre‑Dame de Paris ». Ce chiffre sert de repère pour mesurer l’importance des volumes mobilisés, même s’il n’est pas mathématiquement identique à la quantité de neige artificielle effectivement utilisée pour l’événement.

Limites des mesures et enjeux pour l’avenir

Le constat dressé par plusieurs études et alertes publiques est que les efforts d’adaptation et de réduction des émissions, bien qu’existants, ne suffisent pas à rendre les Jeux neutres pour le climat. Les événements sportifs majeurs restent « particulièrement polluants », estime le texte d’origine, et Milano Cortina 2026 ne fait pas exception.

Déjà en 2023, le Comité international olympique (CIO) avait tiré la sonnette d’alarme sur la durabilité des Jeux d’hiver face au réchauffement. Ses études antérieures indiquaient que le nombre de pays capables d’accueillir des Jeux d’ici 2040 diminuerait fortement, passant d’une quinzaine aujourd’hui à seulement dix pays capables d’assurer des conditions « climato‑compatibles » d’ici 2040 selon ces projections.

Pour répondre à ces défis, plusieurs options sont mentionnées dans les documents de réflexion : restreindre les partenariats avec des entreprises à forte empreinte carbone, limiter la construction de nouveaux sites et infrastructures, et réduire le nombre de spectateurs effectuant des longs trajets en avion. Le CIO plaide également pour une forme de rotation entre sites déjà adaptés, afin d’éviter la multiplication de nouveaux chantiers.

La question centrale reste donc la suivante : sans transformations structurelles et sans réduction sensible des émissions liées aux sponsors, aux déplacements et à l’usage intensif de neige artificielle, l’organisation des Jeux d’hiver pourrait continuer à peser fortement sur l’environnement. Les débats engagés à l’occasion de Milano Cortina 2026 indiquent que ces enjeux conditionneront l’avenir des Jeux d’hiver et, plus largement, la capacité du mouvement olympique à concilier grands événements et objectifs climatiques.

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