Le député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a dénoncé, mardi 17 février, une « récupération sordide et politicienne » de la mort de Quentin Deranque, un jeune homme décrit comme militant d’extrême droite. La formation de gauche a été vivement critiquée par ses opposants depuis cette agression survenue en marge d’une conférence à Sciences Po.
Réactions politiques et accusations réciproques
Sur RTL, Éric Coquerel a affirmé que « nous rejetons ce type de violence parce que ce n’est jamais la solution », ajoutant qu’il pensait « aux parents du jeune homme de 23 ans ». Il a estimé que les attaques dirigées contre LFI visaient à « affaiblir, voire d’éliminer la seule force alternative de gauche, peut‑être capable d’empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir » et qualifié la campagne d’accusation de « manière de faire absolument scandaleuse ».
Le député a par ailleurs assuré que la « violence politique est profondément du côté de l’extrême droite ». Ces prises de position interviennent alors que la porte‑parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé la « responsabilité morale » de LFI, estimant que le mouvement « encourage depuis des années maintenant un climat de violence ».
Raphaël Glucksmann, eurodéputé du mouvement Place publique, a jugé « impensable » que la gauche « cultive le moindre doute » sur une éventuelle alliance avec La France insoumise en vue de la présidentielle de 2027. Il a appelé à « mettre un terme à cette brutalisation du débat public » et imputé une part de responsabilité aux dirigeants politiques, « y compris ceux de La France insoumise ».
Constatations médico‑légales et qualification des faits
Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a confirmé lundi lors d’une conférence de presse l’extrême violence des faits. L’autopsie a révélé que le jeune homme avait subi « un traumatisme crânio‑encéphalique majeur » et « une fracture temporale droite ». Les experts médico‑légaux ont estimé que « ces lésions étaient au‑delà de toute ressource thérapeutique, et mortelles à brève échéance ».
En raison du niveau de violence et de ses conséquences, le parquet a ouvert une enquête criminelle et retenu la qualification d’« homicide volontaire », aggravée par trois circonstances : la réunion, la dissimulation des visages et l’usage d’armes par destination. Le choix de cette qualification traduit la gravité des constatations et l’orientation des investigations vers des auteurs potentiellement organisés.
Les enquêteurs ont entendu une quinzaine de témoins, directement concernés par le déroulement des faits, et procèdent à l’analyse de plusieurs vidéos. « Les constatations techniques se poursuivent toujours très activement », a déclaré le procureur, en se refusant à toute autre spéculation hors du champ des investigations judiciaires. Il a par ailleurs rappelé qu’il s’attachait aux faits dans la phase d’identification des auteurs.
Accusations croisées autour des groupes d’activistes
Le collectif Némésis, se réclamant proche de l’extrême droite et se présentant comme féministe, a affirmé que Quentin Deranque avait été agressé par des militants antifascistes, dont certains viendraient de la Jeune Garde, organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd’hui député LFI du Vaucluse. Le groupuscule antifasciste impliqué dans les accusations a, pour sa part, affirmé ne pouvoir « être tenue pour responsable » de la mort du militant d’extrême droite, précisant avoir « suspendu toutes ses activités » en raison d’une procédure de dissolution la visant.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs identités ont circulé, notamment la présence alléguée d’un collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault. Le procureur de Lyon est resté prudent à ce sujet et a rappelé que l’enquête était en cours d’identification des auteurs et que les magistrats s’appuyaient sur les éléments matériels et techniques réunis.
Face à la profusion de publications et de revendications, les autorités judiciaires ont souligné la nécessité d’éviter les conclusions hâtives tant que les analyses techniques et les auditions n’auront pas permis d’établir de façon rigoureuse les circonstances et les responsabilités.
Le dossier reste donc en cours d’instruction, avec des expertises médico‑légales et des vérifications des images vidéo en cours. Les investigations portent tant sur l’identification des auteurs que sur la reconstitution précise des événements ayant conduit au décès du jeune homme.





