Le Var et les Alpes-Maritimes figurent parmi les territoires français les plus exposés aux effets du changement climatique, confrontés à des canicules plus intenses et durables, à des tensions sur la ressource en eau, ainsi qu’à une hausse des incendies, de l’érosion des sols et des risques de glissements de terrain, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Des risques climatiques concentrés dans le Sud-est
Les départements du Var et des Alpes-Maritimes subissent des impacts qui se cumulant rendent leurs territoires particulièrement vulnérables. L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur pèse sur la gestion de l’eau et accroît la probabilité d’incendies de grande ampleur.
Parallèlement, l’érosion des sols et les mouvements de terrain constituent une menace pour les infrastructures, l’agriculture et l’habitat, notamment dans les zones de pente et le long des littoraux. Ces phénomènes s’inscrivent dans une dynamique décrite par le GIEC, qui alerte sur la multiplication des risques climatiques à l’échelle régionale.
Un territoire stratégique pour le Rassemblement national en 2026
Sur le plan politique, ce même territoire est ciblé par le Rassemblement national (RN) comme un enjeu majeur à l’approche des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026. Le parti a déclaré la présence de 600 listes pour ces scrutins, un niveau que le RN présente comme l’un de ses plus élevés dans l’histoire récente.
Cette mobilisation s’accompagne d’ambitions affichées mais pas toujours précisément détaillées. Les départements des Alpes-Maritimes et du Var sont présentés par le parti comme des secteurs prioritaires, où les candidatures se multiplient et où les vagues électorales — souvent qualifiées de « bleu marine » — se sont déjà révélées fortes lors de précédentes consultations.
Les Alpes-Maritimes : un premier obstacle politique
Si le Var compte déjà des succès électoraux pour le RN, le département des Alpes-Maritimes représente un défi particulier. À ce stade, et contrairement au Var, aucune commune principale du département n’est administrée par le RN, malgré des résultats électoraux perçus comme historiques pour le parti lors de précédents scrutins.
Lors de la présentation de leurs candidats, le 13 décembre, des députés des Alpes-Maritimes ont affirmé avec assurance : « Nous allons gagner des villes dans les Alpes-Maritimes. » Cette déclaration illustre la détermination du parti à transformer des scores souvent élevés en conquêtes municipales effectives.
Convertir des résultats en sièges passe cependant par plusieurs étapes. Le contexte électoral communal impose des logiques locales, des alliances potentielles et une compétition entre listes qui rendent l’issue incertaine, même lorsque des scores nationaux ou départementaux semblent favorables à une formation politique.
Enjeux locaux et contraintes électorales
Les élections municipales reposent sur des dynamiques territoriales distinctes. Les enjeux climatiques et environnementaux, déjà pressants dans ces départements, peuvent peser dans le débat public local, aux côtés de questions économiques, sociales et de sécurité.
Pour le RN, la stratégie semble combiner une présence massive de listes et une communication volontariste, cherchant à transformer l’ancrage électoral observé en pouvoir exécutif local. Mais l’incertitude demeure : transformer des intentions de vote en majorités municipales exige des relais locaux solides et une capacité à composer avec les réalités institutionnelles des communes.
De leur côté, les électeurs et les acteurs locaux devront arbitrer entre réponses aux risques climatiques croissants et enjeux de gouvernance quotidienne. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la dynamique annoncée par le RN se traduira en résultats concrets lors des scrutins des 15 et 22 mars 2026.
Dans ce contexte, la conjonction entre vulnérabilité climatique et défis politiques fait des Alpes-Maritimes et du Var des laboratoires électoraux et environnementaux. Leurs trajectoires contemporaines demeurent à suivre de près, à la fois pour l’évolution des politiques locales et pour l’adaptation aux aléas climatiques.





