Pour la neurologue Charlotte Cordonnier, « le défi des AVC ne va faire que grandir » : il est urgent d’avancer sur la prévention et le dépistage de ces événements aux conséquences humaines et financières importantes.
Une proposition de loi présentée à l’Assemblée nationale
Une proposition de loi portée par le député Les Républicains et ancien ministre de la Santé Yannick Neuder doit être prochainement examinée à l’Assemblée nationale. Le texte vise à accélérer la prévention « cardio‑neuro‑vasculaire » en s’attaquant au dépistage des principaux facteurs de risque, cités dans le projet : hypertension artérielle, diabète et cholestérol.
Le projet interroge aussi le rôle que peuvent jouer les employeurs dans la prévention : le texte évoque des dispositifs de dépistage et de sensibilisation en milieu professionnel, sans détailler dans l’extrait consulté les modalités précises de mise en œuvre.
80 % des événements évitables, selon l’OMS
Le texte s’appuie sur une estimation largement citée de l’Organisation mondiale de la santé : 80 % des accidents vasculaires cérébraux et des crises cardiaques seraient évitables par la prévention des facteurs de risque. Cette donnée sert d’argument pour prioriser des actions centrées sur le dépistage et la réduction des facteurs modifiables.
Charlotte Cordonnier, neurologue au CHU de Lille et chercheuse à l’Inserm, a été associée à la réflexion autour de la proposition. Elle préside par ailleurs la Société française neuro‑vasculaire (SFNV), ce qui lui confère une expertise reconnue sur les enjeux cliniques et scientifiques liés aux maladies vasculaires du cerveau.
Fréquence, mortalité et handicap : un constat alarmant
Le texte rappelle la fréquence élevée des accidents vasculaires cérébraux et des maladies cardiaques : « toutes les deux minutes, un événement touche le cœur ou le cerveau », formule reprise dans le dossier présenté aux parlementaires. Le propos souligne l’ampleur du phénomène et le besoin d’une stratégie de prévention mieux structurée.
Le document insiste également sur l’impact différencié selon les sexes : l’AVC est désormais présenté comme la première cause de mortalité chez les femmes. Le discours met en lumière un déséquilibre dans l’attention publique et médicale : jusqu’à récemment, la communication s’est davantage focalisée sur les maladies cardiaques, tandis que les AVC ont souvent été entourés d’une forme de tabou, en particulier autour des séquelles neurologiques et du handicap qu’ils entraînent.
Selon le raisonnement développé par les auteurs du texte et repris par Charlotte Cordonnier, l’accident vasculaire représente non seulement une cause importante de décès, mais aussi la pathologie vasculaire qui provoque le plus de handicap durable. Ce double fardeau renforce l’argument en faveur d’actions de prévention ciblées et d’un meilleur dépistage des facteurs de risque.
Le texte avance enfin une dimension citoyenne : chaque individu peut devenir acteur de sa santé en prenant conscience des risques cardiovasculaires et cérébraux, et en adoptant des stratégies de protection pour son cœur et son cerveau.
Signalons que l’article d’origine était indiqué en accès payant et présenté comme incomplet ; la présente synthèse reprend et clarifie les éléments disponibles sans ajouter d’information non sourcée.





