Retraites : le COR alerte, les nouvelles hypothèses démographiques pourraient réviser fortement les projections financières avant le printemps

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Dans une note du 11 février, le Conseil d’orientation des retraites (COR) met en garde : le recentrage des hypothèses démographiques — fécondité plus faible, flux migratoires et espérance de vie — pourrait modifier sensiblement les projections financières des régimes de retraite. Le COR promet des chiffrages actualisés fin printemps, soulignant que ces révisions peuvent tant aggraver qu’alléger les déficits selon les scénarios retenus.

Le recentrage des hypothèses démographiques remet en cause les projections financières des régimes de retraite, avertit une note diffusée mercredi 11 février par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Présidée par l’économiste Gilbert Cette, l’instance annonce qu’elle livrera, à la fin du printemps, des chiffrages basés sur de nouvelles hypothèses relatives à la fécondité, aux flux migratoires et à l’espérance de vie. Selon la note, ces révisions pourront, selon les cas, aggraver ou alléger les déficits projetés ; il est pour l’instant impossible de dire si les « moins » l’emporteront sur les « plus ». Le COR estime toutefois que la probabilité est grande que le prochain « diagnostic [soit] significativement révisé ».\n\n

Écart entre scénarios et observations : la fécondité en tête

\n\nLes chiffres observés récemment divergent de certaines hypothèses retenues pour le scénario de référence publié en juin 2025. Celui-ci s’appuyait sur des hypothèses « centrales » de l’Insee établies en 2021 : une fécondité de 1,8 enfant par femme, un solde migratoire positif de 70 000 personnes par an et une espérance de vie à 65 ans portée à 26,7 ans pour les femmes et 24,8 ans pour les hommes à l’horizon 2070.\n\nOr, en 2025 la fécondité constatée s’établit à 1,56 enfant par femme, contre 1,8 dans le scénario central. Si cet écart se maintenait et que l’indice de fécondité se stabilisait durablement autour de 1,6, le nombre de personnes en activité serait plus faible qu’anticipé. Cette évolution pèse directement sur la part des revenus disponibles et, par conséquent, sur la capacité du système par répartition à financer les pensions.\n\n

Migration, espérance de vie et autres variables

\n\nLe COR indique également que l’évolution des flux migratoires et de l’espérance de vie joue un rôle déterminant dans l’équilibre à long terme des régimes. Le scénario de référence retenu en 2025 tablait sur un solde migratoire de +70 000 personnes par an, chiffre qui reste un paramètre clé : davantage d’entrées nettes sur le marché du travail atténueraient l’effet d’un recul de la fécondité, tandis qu’un solde migratoire plus faible l’aggraverait.\n\nS’agissant de l’espérance de vie à 65 ans, les hypothèses de 2021 prévoyaient 26,7 ans pour les femmes et 24,8 ans pour les hommes à l’horizon 2070. Toute révision à la hausse de cette espérance allongerait la durée moyenne de versement des pensions et, toutes choses égales par ailleurs, augmenterait les dépenses de retraite.\n\n

Conséquences sur les projections financières

\n\nEn juin 2025, en retenant les hypothèses centrales, le COR estimait que les régimes de retraite, dans leur ensemble, seraient en déficit de 0,2 % du PIB en 2030 et de 1,4 % du PIB en 2070. Ces chiffres résultaient aussi d’autres paramètres macroéconomiques intégrés au modèle : un taux de chômage de 7 % à partir de 2032 et une productivité du travail en hausse de 0,7 % par an en moyenne à partir de 2040.\n\nDans la note publiée mercredi, le COR montre que la détérioration de certains facteurs démographiques, et notamment la fécondité plus basse que prévu, pourrait creuser davantage le « trou » du système. Concrètement, si l’indice de fécondité se situait durablement autour de 1,6, la part des dépenses de pension dans le PIB augmenterait, entraînant un creusement du déficit pouvant atteindre 0,7 % du PIB en 2070, selon les simulations évoquées.\n\nParallèlement, l’actualisation des hypothèses peut aussi produire des effets favorables dans d’autres scénarios. Des flux migratoires plus élevés ou des trajectoires de productivité plus fortes atténueraient la pression budgétaire. Le COR souligne donc la sensibilité des projections à la conjonction de plusieurs variables et rappelle que les résultats varient en fonction des combinaisons retenues.\n\n

Calendrier et incertitudes

\n\nLe COR prévoit de fournir à la fin du printemps des chiffrages reposant sur ces nouvelles hypothèses démographiques. Ces éléments serviront de base aux débats publics et aux éventuelles réflexions sur l’évolution des politiques de retraite. Pour l’heure, la note signale l’existence d’incertitudes importantes et invite à la prudence dans l’interprétation des projections.\n\nEn l’absence de certitudes sur la trajectoire future de la fécondité, des migrations et de l’espérance de vie, le sens global de la révision reste ouvert : le prochain diagnostic pourrait corriger sensiblement les prévisions publiées en 2025, dans un sens ou dans l’autre, selon les hypothèses retenues.

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