S&P maintient la note souveraine de la France à A+ (perspective stable) malgré les risques budgétaires et l’incertitude politique, divergence avec Fitch et Moody’s

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S&P Global Ratings a choisi le statu quo le 28 novembre, maintenant la note souveraine de la France à A+ (perspective stable) sans prendre d’action formelle. Cette décision reflète les risques liés aux débats budgétaires et à l’incertitude politique autour du projet de loi de finances 2026 et de la trajectoire du déficit public, alors que Fitch et Moody’s affichent des positions divergentes.

S&P Global Ratings s’est abstenu de toute nouvelle décision formelle sur la note souveraine de la France vendredi 28 novembre dans la soirée. Plus d’un mois après avoir abaissé la note de la France, l’agence de notation n’a pas confirmé ni révisé la cote A+ ni la perspective qui l’accompagne, choisissant plutôt de différer une action de notation formelle.

Un statu quo après une dégradation surprise

La note souveraine de la France demeure donc A+, après la décision inattendue de S&P du 17 octobre qui avait abaissé la cote d’un cran. Cette dégradation, la deuxième infligée par S&P en un an et demi, avait été motivée par des éléments non seulement économiques mais aussi politiques : l’agence avait pointé « l’instabilité politique » et une incertitude « élevée » sur les finances publiques.

Dans une réaction écrite, le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, a indiqué prendre « acte de la décision [de S&P] de maintenir la notation française à A + et la perspective stable ». Le gouvernement rappelle par ailleurs son objectif de ramener le déficit public sous 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2029, dans un contexte que Paris juge de « croissance relativement résiliente ».

Calendrier, options et motifs de décision

Conformément au calendrier officiel de l’agence, S&P disposait vendredi d’un créneau pour confirmer ou modifier la note et la perspective attachée à la France. L’agence pouvait également décider de ne pas prendre d’action formelle et de mener, à la place, un examen semestriel de la situation française — option qu’elle a choisie.

Cette décision intervient alors que le pays est engagé dans des débats budgétaires serrés. Le gouvernement a présenté un projet de loi de finances pour 2026 visant à faire passer le déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 à 4,7 % en 2026. Mais l’adoption d’un budget susceptible de réduire nettement le déficit reste incertaine, en particulier en raison de dissensions au Parlement.

Contexte international et comparaison avec des voisins

S&P situe désormais la France au même niveau que l’Espagne et le Portugal. Ces deux pays ont vu leur note relevée à la fin de l’été, et ils s’empruntent à moindre coût sur les marchés à dix ans, un point souligné par les marchés et les observateurs lorsque les agences mesurent le risque souverain.

Sur le front des autres agences, la période récente a été contrastée : en septembre, Fitch avait dégradé la note française en invoquant des finances publiques dégradées. Moody’s, pour sa part, avait temporisé en octobre en maintenant la note mais en abaissant la perspective à négative. Ces mouvements traduisent des évaluations différentes des risques budgétaires et politiques pesant sur la France.

Situation parlementaire et perspectives budgétaires

Le Sénat a entamé jeudi l’examen du projet de loi de finances pour 2026, sans garantie qu’un compromis soit trouvé avant la fin de l’année. Parallèlement, le budget de la Sécurité sociale est retourné à l’Assemblée nationale après l’échec d’une commission mixte paritaire (députés et sénateurs) à harmoniser les textes.

Ces blocages renforcent l’incertitude quant à la capacité du Parlement à voter des mesures susceptibles de réduire significativement le déficit en 2026, point central des préoccupations des agences de notation.

Appréciation de la Commission européenne

Mardi, la Commission européenne a estimé que la France respectait les engagements qu’elle avait pris pour réduire son déficit public, tout en relevant « l’incertitude considérable » entourant le projet de budget. Cette formulation met en lumière la divergence possible entre le respect des engagements formels et la difficulté politique d’en assurer l’application concrète.

En l’état, S&P a donc choisi la voie du statu quo, laissant subsister des risques liés à la trajectoire budgétaire et à l’environnement politique. La surveillance des agences de notation et l’évolution des débats parlementaires resteront des facteurs déterminants pour la confiance des marchés et le coût de l’emprunt à long terme.

Parlons Politique

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