Une centaine d’étudiants et de personnels de l’enseignement supérieur ont manifesté mardi 10 mars (année non précisée dans le texte original) à Paris, devant le ministère chargé de l’enseignement supérieur, pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de « sous‑financement chronique » des universités.
Une mobilisation devant le ministère
L’action, organisée par une intersyndicale, s’est tenue alors qu’une réunion budgétaire du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche se déroulait au ministère. Cet organe consultatif, présidé par le ministre Philippe Baptiste, réunit les syndicats représentatifs et devait examiner, selon le communiqué initial, la situation financière des établissements.
Sur place, les manifestants ont exprimé la colère face à des moyens jugés insuffisants. « On manifeste notre colère sur le manque de budget, qui est à la fois pour les personnels, mais aussi pour l’enseignement et la recherche », a déclaré à l’AFP Nathalie Frayon, secrétaire générale adjointe du SNPTES‑UNSA.
La présidente de la FAGE, Suzanne Nijdam, a rappelé l’impact concret de ce déficit : « Cela fait plus de quinze ans qu’on a un financement par étudiant qui ne fait que baisser et on a vraiment besoin de solutions concrètes, parce que ça impacte déjà actuellement l’avenir de toute une génération. »
Des revendications chiffrées et des constats partagés
Les syndicats présents à la mobilisation évaluent aujourd’hui le manque à gagner auquel serait confronté l’enseignement supérieur public à au moins 8 milliards d’euros. Pour Emmanuel de Lescure, secrétaire général du Snesup‑FSU, la situation est généralisée : « 100 % des universités sont en déficit », a‑t‑il affirmé, dénonçant selon lui « un véritable plan social ».
Les conséquences observées, citées par les représentants syndicaux, incluent une baisse du nombre de places offertes sur Parcoursup et sur Mon Master, la suppression de filières, ainsi que le gel de postes d’enseignants et d’enseignants‑chercheurs. Ces éléments ont été avancés comme signes tangibles d’un sous‑financement pesant sur l’offre de formation et la recherche.
La manifestation intervient dans le contexte des Assises du financement des universités, lancées par le gouvernement « depuis janvier et jusqu’au printemps » (période mentionnée dans le texte original sans année). Ces Assises visent, selon le ministère, à aboutir à un « diagnostic partagé » sur la situation budgétaire des établissements universitaires.
La réponse du ministère
Le ministère de l’enseignement supérieur reconnaît que « un certain nombre d’universités font face à des difficultés financières », formule qui apparaît dans la communication citée. Dans le même temps, il met en avant les arbitrages budgétaires récents, en particulier pour 2026 : selon le texte, le budget 2026 a validé « des crédits en hausse de 350 millions d’euros pour le ministère par rapport à 2025 ».
Le ministère souligne aussi une augmentation de 725 millions d’euros des crédits de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur, qui s’élèveraient à 31 milliards d’euros pour 2026, chiffre précisé dans la même source. Ces montants sont avancés par l’administration comme des éléments d’apaisement face aux difficultés signalées par les organisations étudiantes et syndicales.
Malgré ces hausses budgétaires annoncées, les syndicats jugent qu’elles restent insuffisantes au regard des besoins identifiés et maintiennent leurs revendications pour des moyens supplémentaires et des mesures concrètes pour préserver les formations et les emplois dans les universités.
Le dossier du financement des universités reste donc au centre des discussions institutionnelles, entre constats de tensions budgétaires portés par la communauté universitaire et réponses budgétaires partielles mises en avant par l’exécutif.





