À Paris, le premier tour repositionne le pouvoir municipal : comment les alliances entre Grégoire, Dati, Chikirou, Bournazel et Knafo vont décider du sort de la ville

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Emmanuel Grégoire arrive en tête à Paris avec 37,98 %, mais cinq listes se qualifient pour le second tour. La décision dépendra des transferts de voix et des alliances entre Grégoire, Dati, Chikirou, Bournazel et Knafo d’ici mardi 18h.

Paris change de règle, et le résultat du 1er tour aussi

À Paris, une élection municipale ne se joue plus comme avant. Désormais, chaque voix compte à l’échelle de toute la ville pour la mairie centrale, et pas seulement arrondissement par arrondissement. Ce changement pèse déjà sur la lecture du premier tour, car il rend les alliances plus décisives que jamais.

Le nouveau mode de scrutin résulte de la loi du 11 août 2025, qui a réformé l’élection du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille. Le texte s’applique pour la première fois lors des municipales de mars 2026. Il s’agit d’un basculement important : les électeurs parisiens votent désormais sur deux bulletins, l’un pour les conseillers municipaux, l’autre pour les conseillers d’arrondissement. Le ministère de l’Intérieur a confirmé que près de 2,1 millions d’électeurs sont concernés par cette réforme au niveau des trois villes visées.

Un premier tour net, mais pas plié

Dimanche 15 mars, Emmanuel Grégoire est arrivé en tête du premier tour à Paris avec 37,98 % des suffrages, selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devance largement Rachida Dati, soutenue par Les Républicains et le MoDem, créditée de 25,46 % des voix. Dans le même temps, Sophia Chikirou obtient 11,72 %, Pierre-Yves Bournazel 11,34 % et Sarah Knafo 10,40 %. Les cinq listes franchissent le seuil qui permet de rester en lice, ce qui ouvre un second tour très ouvert.

En revanche, le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani sort dès le premier tour avec 1,61 %. Les autres petites listes n’atteignent pas non plus le seuil nécessaire pour poursuivre la course. À ce stade, la capitale s’oriente donc vers une quinquangulaire, c’est-à-dire une compétition à cinq listes au second tour.

La participation donne aussi une indication politique forte : 58,89 % à Paris, contre 51,7 % au niveau national pour ce premier tour des municipales 2026. Le chiffre parisien dépasse celui de 2020, année marquée par la pandémie, où la participation avait été nettement plus basse. Il reste toutefois inférieur à celui de 2014. Dans une ville souvent présentée comme politiquement mobile, ce niveau de mobilisation renforce la portée du scrutin.

Des alliances de dernière minute peuvent tout changer

Le premier tour ne tranche pas la question centrale : qui pourra agréger des voix au second. Emmanuel Grégoire n’a pas, à lui seul, une réserve massive hors de la gauche. Sophia Chikirou a déjà mis la pression sur le candidat socialiste en laissant entendre que sa liste pourrait se maintenir si aucune convergence n’est trouvée. À droite, Rachida Dati cherche clairement à élargir son socle. Elle a tendu la main à Pierre-Yves Bournazel et à Sarah Knafo, en insistant sur l’idée de rassemblement. Pierre-Yves Bournazel, lui, dit que rien n’est joué. Sarah Knafo, enfin, a ouvert la porte à un soutien à la droite, en expliquant que toutes les familles de droite seraient nécessaires pour l’emporter.

Ces tractations comptent d’autant plus que le nouveau scrutin parisien ne fonctionne plus sur la logique ancienne des arrondissements séparés pour la mairie centrale. La réforme dite « PLM » a précisément voulu rapprocher le vote des électeurs d’un choix plus lisible à l’échelle de la ville. En pratique, cela change le rapport de force : une liste peut être forte dans certains arrondissements sans être automatiquement décisive pour l’Hôtel de Ville.

Autrement dit, le score du premier tour donne une avance à Emmanuel Grégoire, mais il ne garantit rien. La droite a encore une fenêtre. La gauche, elle, doit empêcher la dispersion. Et les listes arrivées au milieu du tableau peuvent devenir arbitres. Le second tour se jouera donc autant dans les urnes que dans les négociations d’ici mardi 18 heures, date limite pour les éventuels dépôts de listes fusionnées ou maintenues.

Ce qu’il faut surveiller avant le second tour

Le vrai sujet, désormais, est simple : qui se retire, qui fusionne, qui appelle à voter pour qui. Dans un scrutin aussi serré, chaque report de voix peut peser lourd. Paris entre dans une semaine de clarification politique, avec une donnée claire : le premier tour a placé Emmanuel Grégoire en tête, mais la bataille pour la mairie est loin d’être terminée.

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