À trois semaines des municipales à Paris, Emmanuel Grégoire organise à Stalingrad une séance publique de questions‑réponses pour répondre aux Parisiens

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À trois semaines des municipales, Emmanuel Grégoire a organisé place de la Bataille‑de‑Stalingrad un exercice public de questions‑réponses d’une heure et demie pour répondre directement aux Parisiens et pallier le refus de Rachida Dati de débattre. Ce format de proximité a mis en lumière sa volonté d’écoute et de transparence, tout en montrant les limites d’une confrontation improvisée pour mesurer des propositions politiques.

À trois semaines des élections municipales, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste et tête de liste de l’union de la gauche (hors La France insoumise), a organisé dimanche 22 février un exercice public de questions-réponses place de la Bataille-de-Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris.

Un dispositif volontairement simple et ouvert

L’installation était volontairement sobre : une petite estrade, un guéridon de bistrot, un tabouret haut et un micro sur pied. Le dispositif invitait les passants et les sympathisants à monter au micro pour poser une question directement au candidat. L’exercice, qualifié d’« inédit autant que risqué » par les organisateurs, visait à compenser l’absence d’un débat formel avec sa principale adversaire, Rachida Dati (Les Républicains), qui refuse, selon l’équipe de Grégoire, de participer à une confrontation avant le premier tour.

« Depuis des semaines, je propose de débattre. Depuis des semaines, Rachida Dati refuse. Je ne me défilerai pas. A défaut de pouvoir débattre avec elle, débattons ensemble », avait déclaré le candidat en début de semaine, appelant à un échange direct avec les Parisiens.

Une heure et demie d’interventions variées

Sous un ciel grisonnant, un bon demi-millier de personnes ont répondu à l’appel. Si la foule comptait un nombre important de militants, de candidats et d’élus de la majorité de gauche, l’événement se tenait de surcroît dans un secteur acquis au Parti socialiste depuis 1995, ce qui a contribué à la mobilisation.

Pendant environ une heure et demie, une trentaine d’intervenants non inscrits à l’avance se sont succédé au micro. Plusieurs d’entre eux ont clairement indiqué leur sympathie pour le camp du candidat, tandis que d’autres sont venus en simples citoyens poser des questions sur leurs préoccupations locales. L’échange a pris la forme d’un face‑à‑face informel, parfois direct, entre le public et le candidat.

L’ambiance a alterné entre moments de soutien affiché et interrogations de terrain. Les interventions ont permis d’aborder des sujets de quotidien — sans que l’on dispose toutefois, dans le compte rendu fourni, d’une liste détaillée des thèmes ou de propositions chiffrées présentées pendant la séance.

Un format choisi comme réponse au refus d’un débat

Par cette initiative, Emmanuel Grégoire a voulu faire de la présence et de la parole publiques une alternative au débat télévisé ou organisé formellement. Le format, ouvert et improvisé, place le candidat dans une posture de disponibilité et de confrontation directe avec les habitants, tout en contournant l’absence de sa rivale annoncée.

Le refus de Rachida Dati de participer à un débat avant le premier tour est souligné par l’équipe de Grégoire comme le motif principal de cette opération. Au moment de l’événement, la campagne entre dans une phase intense, marquée par la multiplication des prises de parole en public et des formats de proximité pour tenter de convaincre les électeurs à trois semaines du scrutin.

Portée et limites de l’exercice

Sur le plan symbolique, l’opération a tenu sa promesse de sincérité en offrant un espace de parole direct et visible. Elle a également permis au candidat de montrer sa capacité à dialoguer devant un public nombreux pour ce type d’événement.

En revanche, ce format ne remplace pas une confrontation organisée entre candidats, qui permettrait d’opposer programmes et projets de manière structurée et chiffrée. Le caractère spontané des interventions impose aussi des limites à la profondeur des réponses et rend difficile une évaluation complète des propositions politiques discutées lors de la séance.

À trois semaines du premier tour, ce rendez-vous de campagne illustre la stratégie d’un candidat qui mise sur la proximité et l’écoute, tout en soulignant le désaccord persistant sur la tenue d’un débat préalable entre les têtes de liste concurrentes.

Parlons Politique

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