Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a expliqué lundi 23 mars pourquoi il n’avait pas apporté son soutien public à Christian Estrosi lors de l’entre-deux-tours des élections municipales à Nice, malgré l’accord entre leurs formations. Sa position, qui avait surpris dans les rangs de la droite, s’appuie selon lui sur des considérations personnelles et politiques liées aux orientations prises par le maire sortant.
« J’ai réagi avec mes tripes » : les motifs invoqués
Invité sur France 2, Bruno Retailleau a résumé sa décision par une formule tranchée : « J’ai réagi avec mes tripes ». Il a dénoncé des « appels du pied » de Christian Estrosi vers la gauche et estimé que ces rapprochements profitaient à « La France insoumise » et à « une certaine gauche non-républicaine ». « C’est bon pour La France insoumise, c’est bon pour une certaine gauche non-républicaine, mais pas pour un candidat qui prétend avoir le soutien de la droite », a-t-il déclaré.
Selon Retailleau, la campagne niçoise était « absolument délétère » et ne le représentait ni « d’un côté, ni de l’autre ». Placé face à un choix qui lui semblait contradictoire, il a déclaré avoir préféré laisser les électeurs niçois « choisir en leur âme et conscience ». Ces explications visent à justifier son refus d’appeler publiquement à voter pour Christian Estrosi au second tour.
Le contexte local : Estrosi, Ciotti et la candidate écologiste
Au premier tour, Christian Estrosi s’était retrouvé en ballottage très défavorable face à Éric Ciotti, député et rival identifié comme « frère ennemi » dans l’article initial. En difficulté, Estrosi s’est tourné vers la gauche et a invité la candidate écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, qualifiée pour le second tour, à se désister afin de faire barrage à l’extrême droite ; cet appel est resté sans effet.
De son côté, Bruno Retailleau avait, mercredi dernier, refusé de trancher entre Estrosi et Ciotti lors d’une intervention sur BFMTV-RMC. Il a par la suite expliqué qu’il ne souhaitait pas soutenir une campagne qui, selon lui, avait quitté le terrain des clivages traditionnels et qui était marquée par des alliances que la direction de LR ne reconnaissait pas.
Frictions internes et questions sur les conséquences
Les déclarations de Retailleau ont suscité des réactions au sein du parti. Plusieurs cadres — cités dans le texte d’origine — se sont élevés contre son refus de choisir, parmi lesquels Xavier Bertrand, Michel Barnier et Gérard Larcher. La division interne a posé la question de savoir si cette prise de position avait indirectement favorisé un retour en force de son prédécesseur à la tête de LR, évoqué dans les commentaires autour des résultats du week-end.
Interrogé sur les éventuelles retombées de sa décision, Retailleau a aussi tenu à préciser sur France 2 : « J’ai dit clairement que je n’appelais certainement pas à voter pour Éric Ciotti, qui nous avait lâchés au plus mauvais moment, en pleine dissolution, au moment justement où nos candidats partaient au front pour se battre aux législatives. » Cette phrase vise à rappeler un grief survenu durant une période électorale antérieure, et à expliquer son refus de soutenir Ciotti.
Un bureau politique attendu pour fixer le cadre
Pour tenter d’apaiser les tensions et clarifier la position du parti, le bureau politique de Les Républicains était prévu ce mardi à 18 heures, selon le texte original. Cette réunion devait constituer une première étape pour répondre aux critiques internes et éventuellement définir une ligne commune pour les échéances à venir.
Au terme de ces échanges, plusieurs questions restent ouvertes : la démarche de Retailleau a-t-elle modifié durablement les équilibres locaux à Nice ? Ses explications parviendront-elles à apaiser la fronde de certains responsables ? Le bureau politique devrait permettre d’apporter des éléments de réponse, sans pour autant effacer les interrogations déjà suscitées par cette prise de position médiatique.





