Le bureau politique des Républicains (LR) a adopté mardi soir trois options pour la désignation de son candidat à l’élection présidentielle, mais la décision n’a pas apaisé les divisions au sein du parti. Le maire de Cannes, David Lisnard, a annoncé son départ de LR, dénonçant « un vote truqué ». Les adhérents seront appelés à se prononcer en avril.
Trois scénarios proposés aux adhérents
Selon le compte rendu de la réunion, les responsables LR ont validé, « à la quasi-unanimité », trois modalités de désignation. La première option est une primaire interne réservée aux adhérents, modèle emprunté à 2021, année où Valérie Pécresse avait remporté la consultation.
La deuxième option prévoit une primaire plus ouverte, susceptible d’accueillir des sympathisants extérieurs au parti, sur le modèle de 2016 qui avait vu la victoire de François Fillon face à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.
La troisième possibilité consiste à désigner directement le président du parti, Bruno Retailleau, comme candidat. Bruno Retailleau, engagé dans la course à l’Élysée depuis février, a souligné le « consensus très large » dont, selon lui, ces trois options ont bénéficié auprès d’environ une centaine de responsables réunis.
Les quelque 120 000 adhérents que revendique LR devront trancher entre ces scénarios lors de la consultation prévue en avril.
Réactions vives et départ de David Lisnard
La validation des options n’a pas mis fin aux critiques. David Lisnard a été le plus véhément : il a estimé que LR ne pouvait plus, seul, imposer un candidat capable d’accéder au second tour et a plaidé pour une primaire ouverte à des candidats non-LR, évoquant des personnalités allant de Gabriel Attal à des représentants de Reconquête, ou encore Nicolas Dupont-Aignan. Il a expliqué sur BFMTV qu’il quittait le parti, dénonçant « un vote biaisé, un vote truqué » qui serait soumis aux adhérents.
Plusieurs ténors n’étaient pas présents au bureau politique. Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez ont manqué la réunion. Xavier Bertrand exclut l’idée d’une primaire tandis que Laurent Wauquiez a, selon son entourage, critiqué des « options de boutiquiers » et plaidé pour une consultation élargie, regroupant la droite et le centre.
Voix divergentes au sein de la droite
Des élus ont exprimé des positions contrastées. Jean‑François Copé a demandé une candidature commune du centre droit et de la droite en mettant en garde : « Il faudra qu’il n’y en ait qu’un seul le moment venu, sinon on est fichus. » Il a également exclu toute alliance avec un parti « d’extrême droite ».
Valérie Pécresse a appelé à ce qu’il n’y ait « qu’un seul candidat de la droite et du centre, et vite ». Michel Barnier a rejoint cet appel et rappelé la nécessité d’une ligne claire vis‑à‑vis de l’extrême droite, allusion faite aux récentes controverses locales et alliances ponctuelles.
François Baroin, réélu à Troyes, s’est déclaré opposé à une primaire et a tenu des propos virulents contre la majorité présidentielle en disant : « On n’a rien à faire avec les macronistes, ils ont mis le pays à terre. » Christian Jacob, ancien patron du parti, a pour sa part plaidé pour une « plateforme commune » avant la désignation d’un candidat.
Roger Karoutchi, membre du groupe de travail présidé par Gérard Larcher, a rappelé que « aucun consensus ne s’est dégagé lors des auditions » et que ce sont finalement les adhérents qui trancheront après cette consultation.
La réunion a laissé transparaître la lassitude de certains responsables : « Moins on a d’électeurs, plus on a de candidats. Il faut qu’ils arrêtent tous leurs conneries et qu’ils se mettent une bonne fois pour toute autour de la table », a soufflé un participant, résumant l’exaspération face aux divisions récurrentes du parti lors des échéances nationales.
L’issue dépend désormais du vote des adhérents en avril. Si la troisième option — la candidature automatique du président du parti — apparaît comme la voie la plus favorable à Bruno Retailleau, plusieurs responsables continuent de réclamer une solution plus large, susceptible d’unir la droite et le centre.
Par Ulysse Legavre‑Jérôme





