Le nouveau maire de Roubaix, David Guiraud, a défendu mardi 24 mars sur France Inter la place de La France insoumise (LFI) dans le paysage politique français, estimant que le mouvement « est une force politique incontournable » et qu’« on ne peut pas faire sans nous ». Député LFI du Nord, il a été élu maire de Roubaix dimanche au second tour des élections municipales 2026.
Un bilan chiffré selon David Guiraud
À l’issue du scrutin municipal, David Guiraud a qualifié ces résultats de « meilleur score de notre histoire », en soulignant que les « voix insoumises (qui) progressent massivement par rapport à 2020 ». Il insiste sur la dynamique électorale de LFI et sur des gains locaux, rappelant que le mouvement a remporté plusieurs villes, dont Roubaix et Vénissieux, selon les éléments rapportés au cours de la campagne municipale.
Dans ses propos, le nouveau maire oppose cette progression à l’idée d’un recul : pour lui, l’étiquette LFI n’est pas un handicap électoral mais un facteur d’entraînement. Il affirme que l’augmentation des suffrages obtenus depuis 2020 témoigne d’un ancrage populaire renforcé dans diverses communes.
Réponse aux critiques sur « l’effet repoussoir »
Plusieurs responsables de la gauche ont mis en garde contre ce que certains appellent un « effet repoussoir » lié à LFI. David Guiraud a cité nommément des prises de position publiques, comme celles du député de l’Essonne Jérôme Guedj (PS) et d’Olivier Faure (PS), ce dernier ayant qualifié Jean‑Luc Mélenchon de « boulet de la gauche ». Le maire de Roubaix réfute ce diagnostic et propose une lecture inverse : selon lui, la réputation de LFI « c’est plutôt un accélérateur de victoires ».
Il pose la question de la stratégie pour l’avenir de la gauche : faut‑il, dit‑il, « se jeter tous dans le vide en considérant qu’il faut absolument diaboliser LFI » ou bien reconnaître la réalité électorale et en tenir compte dans les alliances et stratégies locales ? Cette interrogation vise à relancer le débat interne à la gauche sur la manière d’organiser une offre politique unie ou coordonnée.
Impacts et perspectives locales
À Roubaix, l’élection de David Guiraud marque une bascule municipale importante : un député LFI accède à la mairie d’une ville industrielle du Nord, ce qui peut peser sur les priorités locales et les collaborations interpartis. Guiraud a affirmé qu’il n’a « pas l’intention de baisser les yeux », exprimant la volonté de gouverner sans renoncer à l’identité politique de son mouvement.
Les élections municipales ont aussi vu, selon le compte rendu cité, des succès et des échecs pour LFI : victoires à Roubaix et Vénissieux, mais des revers à Toulouse et Limoges au second tour. Ces résultats contrastés soulignent la diversité des situations locales et la nécessité d’analyser chaque territoire séparément pour comprendre l’implantation du mouvement.
Sur le plan national, les propos de David Guiraud relancent la réflexion sur la manière dont la gauche doit se recomposer après ces municipales. La question des alliances, de l’acceptabilité des différents courants et du rôle que LFI est prête à jouer reste au cœur des discussions entre partis.
Enfin, si David Guiraud met en avant des chiffres comparatifs avec 2020 et insiste sur une progression des voix, ces éléments nécessitent, pour être mis en perspective, une lecture chiffrée détaillée bureau par bureau et commune par commune. Le débat politique à gauche semble désormais se concentrer sur l’articulation entre identité politique et stratégie commune pour les échéances à venir.





