Dimanche 25 janvier 2026, au terme du premier tour de la législative partielle de la troisième circonscription de la Haute‑Savoie, le candidat soutenu par l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti est arrivé nettement en tête, selon les résultats officiels provisoires.
Un premier tour largement en faveur de l’UDR
Antoine Valentin, soutenu par le Rassemblement national, a recueilli environ 45 % des suffrages exprimés. Ce score représente une progression d’environ cinq points par rapport au premier tour des législatives de 2024 dans cette circonscription, d’après les mêmes sources provisoires.
Le candidat Les Républicains (LR) Christophe Fournier se classe loin derrière, avec près de 15 % des voix. Ce résultat marque une forte baisse par rapport aux 32 % obtenus au premier tour de 2024 par la députée démissionnaire, la LR Christelle Petex.
Élue députée en 2024 et parlementaire depuis 2021, Christelle Petex a démissionné le 6 novembre, dénonçant « trop de politique politicienne », décision qui a entraîné l’organisation de cette législative partielle.
Faible participation et fragmentation des listes
La participation a été très faible, autour de 31,28 %, ce qui a réduit les possibilités de maintien au second tour pour la plupart des autres listes. Aucune des neuf listes restantes n’a obtenu un score permettant d’affirmer une dynamique claire pour la suite de la course.
La liste Place Publique et Parti socialiste d’Anthony Penhouët arrive en troisième position avec environ 13 % des voix. Interrogé par l’Agence France‑Presse (AFP), M. Penhouët a estimé : « C’est un peu court mais on progresse et M. Valentin a en fait moins de voix qu’avant ». Il a ajouté qu’il « appellerait à voter contre l’extrême droite » au second tour.
Le soutien récent de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann à M. Penhouët s’inscrivait dans cette logique. M. Glucksmann avait déclaré qu’il ne « laisserait pas » la circonscription devenir « un laboratoire de l’extrême droite », soulignant l’enjeu local pour la gauche.
La gauche fragmentée, la droite en recomposition
La gauche apparaît divisée : la liste La France insoumise (LFI) de Nicolas Gavoille obtient environ 6,5 % des voix, en cinquième position. La liste sans étiquette « Solution démocratique » de Boris Avouac, qui a reçu le soutien de la députée LR démissionnaire, recueille environ 7,6 %.
En 2024, la gauche s’était présentée dans une union assez large et avait atteint près de 24 % au premier tour dans cette circonscription, avant de se retirer au second tour au titre du front républicain. Ce contexte historique éclaire la faiblesse des scores actuels et la difficulté à rassembler sur une candidature unique.
Pour la droite, la campagne sert de test aux deux stratégies opposées qui s’affrontent depuis les législatives de 2024 : d’un côté, Les Républicains, traditionnellement opposés à toute alliance avec le Rassemblement national ; de l’autre, l’Union des droites pour la République (UDR) formée par l’ancien président des LR Éric Ciotti, qui a choisi une alliance avec le RN lors des précédentes élections législatives.
Des cadres de LR, dont Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, sont venus récemment soutenir Christophe Fournier, signe d’un effort de rassemblement interne pour limiter l’avance du candidat UDR.
Vers un second tour décisif
Le second tour est programmé pour le 1er février 2026. Les résultats du premier tour laissent entrevoir une confrontation nette entre Antoine Valentin (UDR/RN) et Christophe Fournier (LR), mais la faible participation et la fragmentation des autres listes rendent l’issue incertaine.
En 2024, le candidat UDR avait obtenu 44 % des voix au premier tour face à la candidate LR, qui avait finalement été élue grâce au retrait en faveur d’un front républicain. La dynamique locale et les consignes de report de voix des formations éliminées seront donc déterminantes pour le second tour.
Les observateurs noteront également la proximité des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars 2026, qui donnent à cette législative partielle une portée supplémentaire. Les partis analyseront ces résultats comme un indicateur des forces et faiblesses à quelques semaines d’un rendez‑vous électoral local majeur.





