Interrogé dans un entretien publié par Le Figaro mis en ligne mercredi 25 mars, Jordan Bardella affirme que le Rassemblement national (RN) est « pratiquement » certain de réunir les 500 parrainages requis pour présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le président du parti met en avant la progression de l’implantation locale du RN, qu’il considère comme un filet de sécurité administratif face à cette étape obligatoire.
Un ancrage local renforcé, selon le parti
Jordan Bardella rappelle que le RN a accru sa présence territoriale après les dernières élections municipales : « Le RN a grandi, et cette dimension, à la fois électorale et politique, nous permet de dormir plus tranquillement quant à ce type de considération administrative », déclare-t-il dans l’entretien.
Le président du parti met en lumière des chiffres destinés à illustrer ce renforcement : il se félicite d’être « passé de 13 à 70 communes administrées (…) sur l’ensemble du territoire ». À ces mairies, le RN compte ajouter le soutien de ses élus nationaux et régionaux — « quelque 120 députés et près de 250 conseillers régionaux et départementaux », selon les éléments fournis dans l’entretien.
La question des 500 parrainages et la stratégie de campagne
En France, la présentation d’un candidat à la présidentielle exige le soutien formel de 500 élus. Le RN considère que la multiplication de ses mandats locaux et la présence d’élus au Parlement et dans les assemblées territoriales réduisent sensiblement le risque d’un manque de parrainages. Bardella affirme en conséquence que le parti est « pratiquement » sûr d’obtenir ces signatures.
Cette assurance administrative s’accompagne d’une stratégie déclarée : concentrer l’essentiel du travail de la prochaine campagne sur le projet politique, la constitution d’une équipe et la définition d’un cap. « Envisager différemment la campagne présidentielle, en concentrant l’intégralité de notre temps et de notre énergie à proposer aux Français un projet, une équipe et un cap », explique-t-il, laissant entendre que cette structuration interne doit permettre au RN de se présenter de manière plus sereine.
Jordan Bardella insiste également sur la souplesse organisationnelle du parti : les préparatifs, la formation d’une équipe et l’élaboration d’un programme se poursuivent « tous les jours », précise-t-il, afin que l’offre politique soit prête « quel que soit le candidat », avec toutefois « son caractère, sa singularité, sa personnalité, ses sensibilités ».
La question de la candidature et l’hypothèse d’un remplacement
L’entretien aborde aussi la situation judiciaire de Marine Le Pen. Membre de longue date et figure centrale du RN, elle a été condamnée en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Selon le texte, « la triple candidate saura en effet le 7 juillet si son inéligibilité est confirmée en appel ». Jordan Bardella évoque cette « situation singulière » mais affirme qu’elle « ne nous empêche pas de travailler, de nous préparer ». Il admet par ailleurs qu’il pourrait être candidat à l’Élysée si l’inéligibilité de Marine Le Pen venait à être confirmée.
Le parti affiche aussi l’ambition d’accroître sa représentation au Sénat : Bardella vise à dépasser les 10 sièges en septembre, objectif présenté comme nécessaire pour constituer un groupe parlementaire dans cette assemblée. Cette perspective s’inscrit dans la logique de consolidation institutionnelle avancée tout au long de l’entretien.
Sans spéculer au-delà des propos rapportés, l’entretien dessine un RN qui mise sur ses avances locales et parlementaires pour sécuriser l’accès à la présidentielle de 2027, tout en préparant un projet et une équipe susceptibles d’être portés par différents visages du mouvement, si les circonstances judiciaires évoluaient.





