Les adhérents du parti Les Républicains (LR) seront consultés en avril pour choisir la procédure de désignation de leur candidat à l’élection présidentielle de 2027, a indiqué le bureau politique du parti mardi 24 mars. Trois scénarios seront soumis au vote des militants, dont la possibilité de désigner directement le président du parti, Bruno Retailleau.
Trois options soumises aux adhérents
Selon la présentation faite à l’issue du bureau politique, les adhérents — qui dépassaient les 120 000 il y a un an — disposeront de trois choix. La première option est une primaire interne réservée aux adhérents LR, destinée à départager les prétendants au sein du parti.
La deuxième option propose une primaire plus ouverte, qualifiée dans les débats de « primaire semi-ouverte », qui permettrait d’élargir le corps électoral aux sympathisants sélectionnés selon des modalités à définir. La troisième option consisterait à désigner directement le président du parti, Bruno Retailleau, comme candidat officiel sans recours à une consultation ouverte.
Position du groupe de travail et déclaration de Bruno Retailleau
Bruno Retailleau a déclaré à la presse, après la réunion, que « On s’est mis d’accord, pas à l’unanimité, mais avec un consensus très large ». Il a précisé que sa préférence s’appuyait sur les conclusions d’un groupe de travail piloté ces derniers mois par le président du Sénat, Gérard Larcher, chargé d’étudier les modalités de désignation du candidat LR.
Le calendrier précis de la consultation d’avril n’a pas encore été fixé, ont ajouté les dirigeants. Le résultat de cette consultation déterminera si Retailleau devient officiellement le candidat du parti ou si LR organise une primaire interne ou semi-ouverte à laquelle d’autres postulants pourront participer.
Absences et dissensions au bureau politique
La réunion s’est tenue sans la présence de deux figures souvent citées comme potentielles têtes de liste : Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, et Laurent Wauquiez, patron du groupe LR à l’Assemblée. Xavier Bertrand s’est positionné contre toute primaire, tandis que Laurent Wauquiez a défendu une procédure plus large, allant selon ses termes d’acteurs issus de la majorité macroniste comme Gérald Darmanin jusqu’à des personnalités proches de la mouvance de Reconquête, telles que Sarah Knafo.
Présent lors du bureau politique, le maire de Cannes David Lisnard, qui soutient lui aussi l’idée d’une primaire ouverte, a exprimé son mécontentement à la sortie : « Je ne suis pas d’accord avec ce qui est proposé ». Il a fait part de sa crainte que LR ne puisse « disparaître face aux nouvelles réalités du XXIe siècle » si le parti maintient le focus sur une désignation interne en supposant être toujours « en première division ». Lisnard est l’un des vice-présidents du parti.
Par ailleurs, la réunion s’inscrit dans la continuité d’un groupe de travail animé par Gérard Larcher. Ce groupe a rendu des conclusions qui servent de base au choix proposé aux adhérents, selon les explications communiquées par les dirigeants LR.
Contexte politique et bilan des municipales
Ce débat intervient après des municipales où Les Républicains ont signé des succès locaux notables, emportant des villes traditionnellement tenues par la gauche, notamment Clermont-Ferrand, Brest, Limoges et Besançon. En revanche, le parti n’a pas réussi à s’imposer dans les grandes métropoles que sont Paris et Lyon.
Bruno Retailleau, déjà candidat déclaré depuis début février, dispose donc d’un « rampe de lancement », selon l’expression reprise dans les échanges internes. Le choix que feront les adhérents en avril définira la stratégie formelle du parti pour la campagne présidentielle 2027 : consolidation autour d’un chef de file unique ou ouverture à une compétition interne permettant d’élargir la base électorale.
Enfin, la réunion a été marquée par des échanges vifs sur la méthode de désignation, révélant des lignes de fracture sur la vision stratégique de LR pour les prochaines années, sans qu’un arbitrage définitif n’ait été rendu public à ce stade.





