Mercredi 25 mars, sur France Inter, Marine Le Pen a rejeté l’idée d’une « union des droites » pour la présidentielle tout en se défendant de limiter son discours à un électorat partisan. Présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale et députée de la 11e circonscription du Pas‑de‑Calais, elle a insisté sur sa volonté de s’adresser « à tous les Français ».
Un refus explicite de l’alliance à droite
« Je ne crois pas à l’union des droites, même si Éric Ciotti y croit », a déclaré Marine Le Pen lors de l’entretien. Par cette formulation, elle prend plus nettement ses distances avec toute stratégie reposant exclusivement sur une coalition rassemblant les différentes familles de la droite française.
La dirigeante du RN a ajouté qu’elle entendait porter un discours d’ampleur nationale plutôt que de se cantonner à un électorat partisan. « Je parle à tous les Français », a‑t‑elle répété, opposant à la logique d’alliance immédiate une stratégie de conquête plus large.
Des tensions au sein des Républicains
Les propos de Marine Le Pen interviennent alors que la droite traditionnelle, représentée par Les Républicains (LR), traverse des débats internes sur son positionnement. Plusieurs responsables de LR, dont Valérie Pécresse, ont demandé une « clarification » de la part du chef du parti, Bruno Retailleau, qui a affiché son souhait d’une union des droites.
Marine Le Pen a qualifié cette recherche d’alliance d’« une forme de panique », une « forme de fébrilité » chez les cadres LR « qui ne savent pas où ils habitent ». Elle a également précisé n’avoir « aucun rapport avec Bruno Retailleau », rappelant qu’il avait été ministre sous Emmanuel Macron, et distinguant sa proximité personnelle d’avec Éric Ciotti, pour lequel elle a dit éprouver de l’amitié.
La présidente du groupe RN a par ailleurs jugé sévèrement l’action parlementaire des élus LR : « Je les vois à l’Assemblée nationale, ils sont très décevants les LR », a‑t‑elle lancé, exprimant son désaccord sur leur stratégie et leur cohérence politique.
Un appel à l’« union des Français » et la question de l’électorat
Marine Le Pen a placé sa stratégie électorale sous le signe de l’unité nationale : « Je crois à l’union des Français, à l’union de l’ensemble du peuple français, c’est ça qui, en réalité, nous permettra de sauver le pays », a‑t‑elle déclaré. Elle a ainsi repoussé l’idée de n’adresser son message qu’aux électeurs de droite.
Pour illustrer son argument, elle a évoqué son ancrage local dans le Pas‑de‑Calais. Députée de la 11e circonscription, elle a souligné que le RN avait « gagné douze villes » dans le bassin minier, et qu’à ses yeux cet électorat, historiquement « socialo‑communiste », se rapproche désormais massivement du Rassemblement national.
De ce point de vue, se limiter à une stratégie visant seulement « les électeurs de droite » serait, selon elle, « une erreur ». Marine Le Pen a réaffirmé qu’elle parlera « à tous les Français » lors de la prochaine campagne présidentielle, indiquant une intention de dépasser les clivages traditionnels pour élargir la base électorale de son parti.
Les déclarations conservent la même ligne : rejeter une alliance explicite avec la droite organisée tout en revendiquant une démarche d’ouverture nationale. Elles relancent, par ailleurs, le débat sur la manière dont la droite républicaine et l’extrême droite pourront — ou non — dialoguer à l’approche des élections nationales.





