Benoît Payan, maire sortant classé divers gauche, a maintenu lundi le cap qu’il s’était fixé : déposer ses listes pour le second tour des municipales sans se rapprocher de La France insoumise (LFI). Plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant sa permanence lundi soir, signe d’une tension persistante alors que la campagne entre désormais dans sa phase décisive.
Une stratégie préparée en amont
Le dépôt de listes n’a rien laissé au hasard. « Dès samedi dernier, après notre réunion entre candidats, il était clair que l’on déposerait nos listes ce lundi matin », rapporte Michèle Rubirola, ancienne maire écologiste et aujourd’hui numéro 2 sur la liste derrière Benoît Payan. Cette annonce reflète une volonté de verrouiller la ligne politique du Printemps marseillais et d’éviter toute renégociation de dernière minute.
Les listes présentées lundi restent inchangées, tant pour la mairie centrale que pour l’ensemble des huit secteurs où le Printemps marseillais est qualifié. Le choix de ne pas fusionner avec LFI constitue un acte politique assumé, destiné à dissiper les pressions internes et externes en faveur d’un rapprochement, observées ces dernières semaines dans d’autres grandes villes.
Dépôt solennel à la préfecture
Le lundi 16 mars à 11 h 30, Benoît Payan, accompagné d’une vingtaine de colistiers, s’est rendu en cortège à la préfecture des Bouches‑du‑Rhône pour officialiser le dépôt des listes. L’événement a été soigneusement mis en scène afin d’en maximiser la couverture médiatique et de montrer l’unité apparente de l’équipe municipale autour du maire sortant.
Le maintien des mêmes listes vise aussi à éviter toute perception d’affaiblissement ou de reniement d’un programme construit en amont. Selon les responsables du Printemps marseillais, la décision répond à une logique interne de cohérence et de responsabilité vis‑à‑vis des électeurs ayant porté ces candidatures au premier tour.
Résultats du premier tour et configuration du second
Les scores du premier tour ont fortement influencé la stratégie adoptée. L’alliance de la gauche menée par Benoît Payan est arrivée en tête de justesse, avec 36,70 % des voix, devant le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio, qui a obtenu 35,02 %.
Plus loin, la divers droite Martine Vassal a rassemblé 12,41 % et le député LFI Sébastien Delogu 11,94 %. Ces écarts expliquent en partie la décision du Printemps marseillais : qualifier la campagne du second tour comme une quadrangulaire reste la configuration la plus probable si chacune des quatre listes maintient sa position.
Dans ce contexte, la perspective d’une fusion avec LFI — déjà évoquée ailleurs — a été écartée. Le texte de campagne et la composition des listes laissent peu de place aux négociations de dernière minute, selon les principaux intéressés.
Pressions locales et comparaisons nationales
Le choix marseillais contraste avec des dynamiques observées dans d’autres villes, où des rapprochements entre listes de gauche et de la gauche radicale ont parfois pris corps. Le texte de référence évoque notamment des tentatives de recomposition à Toulouse, à Lyon et, plus proche, à Avignon. À Marseille, en revanche, le Printemps marseillais a privilégié la stabilité des candidatures.
Sur le plan local, cette stratégie ne diminue pas la contestation : la présence de plusieurs centaines de manifestants devant la permanence de Benoît Payan illustre l’ampleur de l’opposition à certains choix politiques ou à la ligne adoptée pour le second tour.
Les prochains jours devraient confirmer si la quadrangulaire se maintient jusqu’au second tour ou si des réalignements politiques interviennent. Pour l’heure, les listes déposées et la communication orchestrée lundi traduisent une volonté affichée de poursuivre la campagne selon les lignes tracées par le Printemps marseillais.




