Maternités de proximité en enjeu électoral : à Saint-Amand-Montrond et Châteaudun, maires et habitants exigent maintien ou réouverture malgré le moratoire national

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À Saint-Amand-Montrond et Châteaudun, la survie des maternités est devenue un enjeu central des campagnes municipales : élus et habitants réclament maintien ou réouverture, tandis qu’un moratoire national relance le débat entre sécurité et accès de proximité.

À Saint-Amand-Montrond (Cher) et à Châteaudun (Eure-et-Loir), la question du maintien d’une maternité locale est devenue un enjeu central de la campagne municipale. D’un côté, Emmanuel Riotte, maire divers droite candidat à sa réélection, défend une petite maternité menacée de fermeture. De l’autre, Fabien Verdier, maire sans étiquette et lui aussi candidat, milite pour la réouverture d’une maternité fermée depuis 2018.

Des maires en première ligne

Les deux élus placent la préservation et le rétablissement de services d’obstétrique au cœur de leur discours. Leur position s’inscrit dans une logique de proximité : ils refusent de considérer la fermeture des structures comme une fatalité et s’opposent, chacun à sa manière, à la tendance générale aux regroupements et fermetures de maternités observée depuis plusieurs décennies.

Le cas de Châteaudun est marqué par une fermeture effective en 2018 ; pour Saint-Amand-Montrond, l’enjeu est la sauvegarde d’une unité encore en activité mais fragile face à des critères d’activité et de sécurité. Les deux situations illustrent des configurations distinctes — l’une tournée vers la réouverture, l’autre vers la défense d’un maintien — mais convergent sur le même constat : la population locale et les élus veulent conserver un accès de proximité aux soins obstétricaux.

Un débat national relancé

Au niveau national, la question a gagné en visibilité politique après l’adoption, en première lecture à l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi instaurant un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités, en mai 2025. Cette démarche législative fait suite à une série de fermetures et à des contestations locales qui ont régulièrement accompagné ces décisions.

La mesure discutée vise à freiner, temporairement, la disparition progressive des services de naissance pendant que des évaluations et des solutions alternatives seraient explorées. Elle intervient alors que le seuil de 300 accouchements par an est fréquemment cité comme critère de sécurité : les structures pratiquant moins de 300 accouchements annuels ne sont ouvertes qu’à titre dérogatoire selon ce repère, établi pour garantir une pratique suffisante en nombre d’actes d’accouchement.

Cette norme chiffrée, utilisée pour raisonner en termes d’expérience et de sécurité des équipes, est au centre des discussions. Elle sert d’argument tant pour les autorités sanitaires que pour les opposants aux fermetures, qui dénoncent l’impact sur l’accès aux soins pour les populations rurales et périurbaines.

Mobilisations locales et enjeux de sécurité

Les fermetures de maternités ont longtemps suscité de fortes mobilisations locales, rappellent les observateurs. Ces dynamiques citoyennes traduisent une volonté d’éviter un éloignement supplémentaire des services publics de santé. Elles reposent aussi sur des inquiétudes concrètes : allongement des trajets pour accoucher, pression sur les maternités restantes, et maintien des compétences professionnelles au sein des équipes locales.

Les élus qui défendent les maternités insistent sur la nécessité de concilier sécurité clinique et accessibilité. Sans remettre en cause l’importance des standards médicaux, ils plaident pour des réponses adaptées aux territoires, qu’il s’agisse de renforts d’équipes, de partenariats avec des établissements voisins ou d’aménagements organisationnels destinés à sécuriser la pratique tout en conservant une offre de proximité.

Perspectives et incertitudes

La proposition de moratoire, si elle venait à être adoptée définitivement, offrirait un répit aux collectivités pour négocier des solutions locales. Elle ne garantit toutefois pas automatiquement la réouverture d’établissements fermés, ni la pérennité des petites unités, tant que les critères d’activité et les ressources humaines ne sont pas résolus.

Sur le terrain, les maires concernés continuent d’en faire un thème de campagne, cherchant à mobiliser habitants et partenaires. Les débats en cours au niveau national et les actions locales resteront déterminants pour l’avenir des maternités de Saint-Amand-Montrond et de Châteaudun, comme pour d’autres territoires confrontés aux mêmes questions.

Sans proposer de solution miracle, le dossier illustre le débat plus large entre exigences de sécurité sanitaire et nécessité de préserver l’accès aux soins dans les zones moins densément peuplées. Les prochaines décisions politiques et les discussions locales devraient clarifier, dans les mois à venir, les marges de manœuvre laissées aux collectivités et aux autorités de santé.

Parlons Politique

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