Contexte et déroulé des faits
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a appelé mercredi 18 février à « un front commun » contre La France insoumise (LFI) lors des prochaines élections municipales, estimant que le parti « doit répondre de ses actes » après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque.
Cette déclaration intervient alors que l’enquête sur le décès de Quentin Deranque a conduit, mardi soir, à l’interpellation de Jacques-Elie Favrot, décrit comme assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Selon les éléments rendus publics, Favrot est un militant antifasciste lyonnais et figure à l’origine de la création de la Jeune Garde, organisation qualifiée par certains responsables politiques de groupuscule actif dans des actions physiques.
Pression politique sur La France insoumise
La France insoumise se trouve sous une forte pression politique. Plusieurs voix appellent le parti à prendre des mesures contre Raphaël Arnault, dont un collaborateur fait partie des personnes interpellées dans le cadre de l’enquête. Des responsables demandent l’exclusion de l’élu et la rupture de tout lien avec des formes d’action violentes.
Parmi les réactions, l’ancien président François Hollande a estimé que le lien entre LFI et la Jeune Garde devait être « rompu entièrement » et a déclaré que la « relation (…) est terminée » avec cette formation. De son côté, Yaël Braun‑Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a interdit à Jacques‑Elie Favrot l’accès au Palais Bourbon et a jugé que LFI devait s’interroger sur l’opportunité de maintenir Raphaël Arnault dans ses rangs.
Les déclarations de Jordan Bardella
Intervenant sur CNews et Europe 1, Jordan Bardella a durci le ton vis‑à‑vis de LFI. Il a affirmé que « l’extrême gauche a tué » et que « Jean‑Luc Mélenchon a des comptes à rendre », appelant à « mettre en place un cordon sanitaire » contre le mouvement, qu’il décrit comme « un mouvement politique aujourd’hui sorti totalement de la République ».
Bardella a précisé l’objectif tactique de son appel : lors des scrutins à venir — municipales, présidentielle et législatives — il souhaite qu’un front soit constitué « en vue des futures élections municipales, présidentielle et législatives ». Il a ajouté qu’au soir du premier tour des municipales, fixé au 15 mars, il faudra, selon lui, former « au second tour… un front commun contre La France insoumise, si [elle] est en capacité de remporter des municipalités, donc effectivement un ‘tout sauf La France insoumise’ ».
Cette posture marque un durcissement stratégique par rapport aux positions tenues il y a dix jours, lorsque Jordan Bardella avait évoqué la possibilité, « au cas par cas », de listes d’union ou de rassemblement pour contrer « le danger de voir l’extrême gauche » l’emporter dans certaines communes.
Conséquences pour la vie politique locale et nationale
Le meurtre de Quentin Deranque, et l’implication présumée d’un proche d’un député LFI, ont déplacé le débat politique vers des questions de responsabilité collective, de liens entre structures politiques et groupes militants, et de réponses institutionnelles aux violences. LFI se retrouve sommée d’expliquer ses relations avec la Jeune Garde et de déterminer si Raphaël Arnault doit rester son représentant élu.
Du côté du RN, la conjoncture est perçue comme une opportunité pour renforcer un positionnement de défiance systématique à l’égard de LFI, avec des conséquences attendues dès le prochain cycle électoral local. Les annonces publiques et les interdictions administratives, comme celle prise par la présidente de l’Assemblée, contribuent à amplifier la pression politique sur le parti et sur ses élus.
Les éléments factuels cités dans cette synthèse reposent sur les communications publiques des acteurs évoqués et sur les informations partagées lors des dernières annonces officielles. L’évolution de l’enquête et les décisions internes prises par LFI ou par les autorités compétentes détermineront les suites politiques et judiciaires de cette affaire.





