Mort de Quentin Deranque : François Hollande exclut toute alliance PS-LFI aux municipales, pointant des liens présumés entre LFI et la Jeune Garde

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François Hollande juge « impossible » toute alliance entre les socialistes et La France insoumise, qu’il qualifie d’« extrême gauche » en raison de liens présumés avec la Jeune Garde après l’agression mortelle de Quentin Deranque. L’affaire — attaque survenue à Sciences Po Lyon, onze interpellations dont un assistant parlementaire lié à Raphaël Arnault — met LFI sous forte pression politique et judiciaire, avec des appels à des exclusions et une enquête en cours.

Mercredi 18 février, François Hollande a estimé qu’il n’était plus possible pour les socialistes d’entretenir une alliance avec La France insoumise (LFI), y compris au second tour des municipales. Intervenant sur BFM-TV/RMC, l’ancien président a qualifié le mouvement de « formation d’extrême gauche », en invoquant ses liens avec la Jeune Garde.

La position de François Hollande

« Pour les scrutins municipaux, il ne peut pas y avoir d’alliance entre les socialistes ou les formations de la gauche réformiste et LFI au deuxième tour, c’est clair », a déclaré François Hollande. Il a ajouté que « la relation avec LFI est totalement rompue », estimant que le mouvement « a manqué à ses engagements » concernant le refus de la « brutalisation » du débat politique.

Sur la présidentielle, il a été plus tranché : « Jean‑Luc Mélenchon n’a pas sa place au second tour. J’en prends ici à la fois la promesse, l’engagement et le pari », a-t-il affirmé. Il a ensuite décrit une « espèce de brutalité dans l’expression, la dénonciation permanente, la mise en accusation », qu’il relie à une volonté de polariser le débat entre cette gauche radicale et l’extrême droite.

Réactions de La France insoumise

Face aux critiques, LFI s’est dite sur la défensive. Jean‑Luc Mélenchon a reconnu mardi soir « Nous avons fréquenté, et nous nous sommes délibérément rapprochés de la Jeune Garde », tout en soulignant des « divergences ». Il a répété la position du mouvement sur la violence : « Nous n’approuvons pas la violence », a‑t‑il déclaré.

Le chef de file de LFI a aussi rejeté les leçons de Sébastien Lecornu, estimant que le ministre « visiblement a pété un câble ». La veille, le Premier ministre avait demandé à la formation de « faire le ménage » dans ses « rangs » lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Faits divers et enquête

L’affaire a pour origine l’agression de Quentin Deranque, 23 ans. Jeudi soir, il a été frappé par plusieurs personnes cagoulées en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon. Selon le récit public, il se trouvait sur place pour assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.

Souffrant d’un grave traumatisme crânien, Quentin Deranque est décédé samedi. Onze suspects ont été interpellés, dont Jacques‑Elie Favrot, décrit comme assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Raphaël Arnault, par ailleurs présenté comme fondateur du groupe la Jeune Garde, a indiqué mardi avoir engagé la procédure pour « mettre fin » au contrat de Jacques‑Elie Favrot. Il a précisé que celui‑ci avait déjà « cessé toutes ses activités parlementaires » et a ajouté : « À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ».

La Jeune Garde a affirmé dimanche ne pouvoir « être tenue pour responsable » de la mort de Quentin Deranque, précisant avoir « suspendu toutes ses activités ».

Pression politique et demandes d’exclusion

Mercredi, la porte‑parole du gouvernement, Maud Bregeon, a demandé sur Franceinfo que La France insoumise « fasse le ménage dans ses rangs ». Elle a appelé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, « à exclure Raphaël Arnault de son groupe, ou tout du moins à l’exclure temporairement pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence ».

Dans ses déclarations, Maud Bregeon a également estimé que les électeurs ont « toutes et tous une responsabilité » quand ils votent pour les « insoumis », et a réclamé qu’il n’y ait « plus jamais un député LFI au sein de l’Assemblée nationale ». Ces propos traduisent la montée des tensions entre l’exécutif et la formation de gauche radicale depuis l’affaire.

Du côté des lieutenants de Jean‑Luc Mélenchon, la ligne est de condamner l’agression et de rejeter tout lien entre le mouvement LFI et l’acte mortel. Ils affirment que, si d’anciens membres de la Jeune Garde sont impliqués, ils doivent être punis conformément à la loi.

François Hollande s’appuie sur une classification du ministère de l’Intérieur pour qualifier LFI « d’extrême gauche », rappelant que, selon lui, cela s’explique par « l’acceptation d’un lien avec un groupe, en l’occurrence la Jeune Garde, qui fait du combat physique son but et sa méthode ».

Le dossier est désormais entre les mains de la justice et des services d’enquête. Les décisions politiques et disciplinaires annoncées par différentes parties alimenteront sans doute le débat public dans les prochains jours, alors que la situation reste très suivie par les acteurs politiques et les médias.

Parlons Politique

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