Condamné à une amende pour prise illégale d’intérêts, le maire de Moulins, Pierre‑André Périssol (Les Républicains, LR), a vu s’éclaircir la menace d’une inéligibilité le 25 février, la veille de la date limite de dépôt des candidatures pour les élections municipales prévues en mars. Plutôt que de conduire la liste, l’édile a choisi de figurer en deuxième position derrière sa première adjointe, Cécile de Breuvand (LR), âgée de 60 ans.
Une décision encadrée par la procédure judiciaire
La procédure judiciaire qui a conduit à la condamnation de Pierre‑André Périssol a retardé la passation de pouvoir et complexifié la préparation de la campagne. Libéré de l’hypothèse d’inéligibilité le 25 février, l’ancien ministre du Logement (1995‑1997), âgé de 78 ans, ne conduit donc plus la liste municipale malgré son long mandat à la tête de la préfecture.
Ce calendrier contraint a forcé une reconfiguration rapide des candidatures. En renonçant à la tête de liste, Périssol a permis à sa première adjointe d’occuper la place de tête au moment du dépôt officiel des candidatures. Le choix survient après des mois d’incertitude liés à la procédure et au calendrier électoral.
La première adjointe en première ligne
Nommée tête de liste, Cécile de Breuvand rassemble un profil institutionnel : vice‑présidente du conseil départemental, ancienne conseillère régionale au sein de la majorité de Laurent Wauquiez, et élue municipale depuis 2008. Sa désignation marque une continuité politique avec la majorité en place tout en répondant à la nécessité d’un chef de file clair pour la campagne.
Après l’annonce, plusieurs élus ont ajusté leurs positions. Le conseiller municipal Julien Carpentier (divers droite), par ailleurs conseiller départemental en binôme avec Cécile de Breuvand, et l’adjoint au maire Mathieu Geffray (Horizons) ont choisi de soutenir Benoit Faivre (divers droite), un trentenaire novice en politique employé comme chargé de mission au conseil départemental.
Ces ralliements traduisent des ambitions internes et un souhait de renouvellement. Benoit Faivre s’est positionné pour porter « le projet de renouvellement de la ville préfecture » administrée par Pierre‑André Périssol depuis trente ans, selon les déclarations rapportées. Sa candidature rassemble des élus qui souhaitent ouvertement inscrire la collectivité dans une dynamique de relève générationnelle.
Un paysage politique local recomposé
La décision de Pierre‑André Périssol et la montée en première ligne de Cécile de Breuvand modifient la physionomie de la campagne à Moulins. D’un côté, la liste conduite par de Breuvand conserve l’ancrage d’un réseau politique établi ; de l’autre, l’émergence de figures plus jeunes illustre une volonté de diversification des profils au sein de la majorité locale.
La situation reste marquée par la juxtaposition entre continuité et renouvellement. La présence de Périssol en deuxième position témoigne d’un maintien d’influence personnel, tandis que la promotion de nouveaux acteurs traduit une adaptation stratégique face aux enjeux posés par la procédure judiciaire et par le calendrier électoral.
Pour les électeurs, cette recomposition pourra être perçue comme une transition encadrée par les cadres municipaux existants, ou comme le début d’un profond ajustement politique selon la façon dont la campagne sera articulée autour des thèmes annoncés par la tête de liste et ses soutiens.
Enjeux et perspectives pour la campagne
La campagne municipale qui s’ouvre à Moulins se jouera à la fois sur la gestion passée et sur les promesses de renouvellement. Les éléments publics disponibles mettent en avant la durée du mandat de Pierre‑André Périssol — trente ans à la tête de la ville — et la nécessité, pour ses successeurs désignés, d’articuler continuité administrative et réponse aux demandes d’évolution formulées par une partie de l’électorat.
Le calendrier judiciaire et administratif a joué un rôle déterminant dans la forme finale des listes déposées. La proximité du 25 février avec la date limite de dépôt a accéléré les décisions et contraint les acteurs à des arbitrages rapides, visibles dans la composition et les alliances qui se dessinent aujourd’hui.
Sans éléments nouveaux publics apportant des précisions supplémentaires sur la sanction ou ses conséquences pratiques, la campagne municipale devra se recentrer sur les propositions locales et sur la manière dont la nouvelle tête de liste, Cécile de Breuvand, et ses soutiens traduiront en actions le projet annoncé pour la ville.





