Dans l’ancienne préfecture du Var, le second tour des élections municipales se présente comme un duel serré entre le député Philippe Schreck, tête de liste pour le Rassemblement national (RN), et le maire sortant Richard Strambio, candidat sans étiquette menant une liste d’union de la droite.
Un second tour attendu après un premier tour tranché
Au terme du premier tour, dimanche 15 mars, Philippe Schreck est arrivé en tête avec 44,7 % des voix, devant Richard Strambio qui a obtenu 40,03 %. Ces résultats propulsent la ville de Draguignan vers un second tour très disputé, où chaque voix devrait être déterminante.
Richard Strambio, kinésithérapeute et « enfant du pays », brigue un troisième mandat. Il avait été réélu dès le premier tour en 2020. Philippe Schreck, pour sa part, était déjà candidat en 2020 mais sans l’étiquette RN ; il n’avait alors recueilli que 12,61 % des suffrages. La progression affichée dimanche marque donc une nette évolution du poids électoral de sa candidature dans la commune.
Draguignan, une ville à la démographie et au contexte social particuliers
Draguignan compte environ 41 000 habitants. La ville n’appartient pas au littoral touristique du Var et présente un tissu social plus modeste que celui des communes côtières. Le centre-ville, classé en quartier prioritaire, affiche un taux de pauvreté proche de 40 % selon les données citées dans le tour d’horizon local, et le chômage y est signalé comme supérieur à celui des stations balnéaires du département.
Ces caractéristiques sociales et économiques constituent un élément de contexte important pour analyser les scores électoraux. Le Rassemblement national, parti dirigé au niveau national par Jordan Bardella, parvient ici à s’imposer dans l’arrière-pays varois, territoire jusque-là moins perméable à son implantation que les zones littorales traditionnellement favorables à l’extrême droite.
Interprétations et enjeux pour le second tour
Le second tour mettra en jeu des équilibres locaux : la dynamique de vote observée au premier tour, les reports de voix des listes éliminées, et les stratégies d’alliance entre candidats. L’avance de Philippe Schreck (4,67 points) reste relative et ne garantit pas une victoire au second tour, surtout dans un contexte où des électeurs peuvent se mobiliser pour contrer la progression du RN.
De son côté, Richard Strambio s’appuie sur l’expérience municipale acquise lors de ses mandats précédents et sur une liste d’union de la droite. Le scrutin post-premier tour s’annonce donc centré sur la capacité de chacun à rassembler au-delà de son électorat de base.
La situation à Draguignan illustre plus largement les recompositions politiques observées dans certains territoires de l’arrière-pays. Là où le RN peinait auparavant à réaliser des percées significatives loin du littoral, les résultats du premier tour témoignent d’une évolution qui pourrait peser sur d’autres communes du département.
Les prochaines étapes du scrutin dépendront des décisions des listes éliminées et de la mobilisation des électeurs. Le second tour décidera si la progression enregistrée par le RN se confirmera en victoire municipale ou si les forces locales en présence parviendront à s’unir pour conserver la mairie.





