Jean-Christophe Lagarde, ancien maire de Drancy entre 2001 et 2017, a annoncé sa candidature aux élections municipales dans cette commune de Seine-Saint-Denis, a-t-il indiqué à l’Agence France-Presse samedi 10 janvier, confirmant des propos tenus au Parisien.
Cette démarche marque la volonté affichée de l’élu de revenir sur la scène municipale après avoir « purgé » une peine de deux ans d’inéligibilité prononcée dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds publics, selon les éléments rapportés par les médias.
Contexte familial et succession municipale
En 2017, en raison de l’application de la loi sur le non-cumul des mandats, Jean-Christophe Lagarde avait quitté la mairie de Drancy. Sa successeure a été son épouse, Aude Lagarde, qui a pris ses fonctions cette même année.
Selon le même dossier d’information, Aude Lagarde a récemment annoncé, il y a quelques semaines, qu’elle ne se représenterait pas pour des raisons de santé. Cette décision ouvre la porte à un retour politique de son époux, qui entend ainsi reprendre la main sur la gestion municipale.
Condamnations et mises en examen
L’ancien président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) et ancien député de 2002 à 2022 a été condamné en 2022 à dix mois de prison avec sursis, assortis d’une inéligibilité de deux ans. La condamnation portait sur l’emploi fictif d’une assistante parlementaire attribué à sa belle-mère entre mai 2009 et août 2010.
Par ailleurs, Jean-Christophe Lagarde a été mis en examen dans une affaire distincte, qualifiée d’escroquerie en bande organisée. Cette mise en examen concerne la diffusion d’une information qui s’est révélée fausse, selon les procédures, et qui visait les anciens députés « insoumis » Alexis Corbière et Raquel Garrido, accusés à tort d’avoir employé une femme de ménage sans papiers dans un article publié par l’hebdomadaire Le Point en 2022.
Ces procédures judiciaires expliquent en partie la période d’inéligibilité et nourrissent les débats politiques locaux au sein de la commune.
Une personnalité contestée et une réponse aux critiques
Parmi ses détracteurs, Jean-Christophe Lagarde est décrit comme la figure centrale d’un supposé « système Lagarde », qualifié par ses opposants de reposant sur le clientélisme. Ces accusations alimentent la controverse autour de son retour annoncé.
Interrogé par le Parisien, l’intéressé a rejeté cette lecture et a expliqué ressentir à l’égard de ces attaques une « haine » ciblée, visant selon lui sa famille et lui-même. Il a déclaré : « Ma condamnation m’a fait mal et je l’ai ressentie comme quelque chose de profondément injuste, mais je suis passé à autre chose. Je comprends que mes opposants ne veulent pas tourner la page : ils n’en ont pas d’autres à écrire. »
Dans le même entretien, Jean-Christophe Lagarde a promis, en cas d’élection, de se montrer différent du maire qu’il avait été auparavant, en affirmant vouloir « être un maire différent ». Il place ainsi son projet sous le signe d’une rupture assumée vis-à-vis d’un passé présenté comme controversé.
Le panorama électoral local
Le retour de Jean-Christophe Lagarde s’annonce disputé. En mars, il devrait notamment affronter son ancien suppléant aux élections législatives, le conseiller municipal Hamid Chabani, qui s’est distingué en rompant avec la majorité municipale à l’automne dernier.
Parmi les autres candidats annoncés figurent Gokhan Unver, porté par La France insoumise, et Hacène Chibane, représentant les écologistes. Le climat politique local s’annonce donc fragmenté, avec plusieurs candidats issus d’horizons différents et des dissensions internes à la majorité sortante.
Dans ce contexte, la candidature de Jean-Christophe Lagarde relance des questions sur la capacité des acteurs locaux à dépasser les disputes judiciaires et personnelles pour recentrer le débat sur les orientations municipales à venir.
Les prochaines semaines devront confirmer si sa candidature recueillera l’adhésion d’une partie de l’électorat ou si elle cristallisera davantage d’oppositions, à la fois politiques et sociales, dans une ville où les enjeux de gouvernance restent au centre des débats.





