Municipales 2026 à Dreux : quatre décennies après 1983, la droite de Billet divisée sur l’éventuelle alliance avec le RN entre tensions et abstention

Share This Article:

Quarante ans après l’alliance de 1983 qui fit de Dreux un symbole du Front national, la ville arrive aux municipales de 2026 sous tension : la présence du Rassemblement national reste incertaine et la droite locale, incarnée par le maire LR Pierre‑Frédéric Billet, se déchire sur la question des alliances. L’abstention de 2020 (64,1 %) et les stratégies au second tour seront déterminantes pour le résultat.

Grisée par l’alliance municipale de 1983 entre une partie de la droite locale et l’extrême droite, Dreux a longtemps été associée à l’ascension du Front national. Jean‑Marie Le Pen, alors président du parti, qualifiait la ville de « tombeau des rois et berceau du Front national ». Quarante ans après cet épisode, le dossier politique local a changé d’allure à l’approche des élections municipales prévues en mars.

Un passé lourd de symboles

L’évocation de 1983 reste un repère historique dans le débat local. Cette alliance municipale a marqué durablement l’imaginaire politique et fournit encore un cadre d’interprétation pour les acteurs présents aujourd’hui.

La référence à Jean‑Marie Le Pen souligne l’importance symbolique de Dreux dans l’histoire du parti d’extrême droite. Elle explique en partie la sensibilité des élus et des partis quand la question des alliances ou des rapprochements électoraux est abordée.

Une présence du Rassemblement national incertaine

À quelques semaines du scrutin municipal de mars, le Rassemblement national (RN) se fait discret dans la cité eurélienne. La déléguée départementale et conseillère régionale, Virginia De Oliveira, n’a pas apporté de confirmation nette sur une candidature du parti. « Nous y travaillons mais nous ne communiquerons que fin janvier », a‑t‑elle déclaré, laissant planer l’incertitude sur la tenue d’une liste RN.

Le souvenir du scrutin de 2020 est difficile à ignorer : le RN y avait récolté 7,3 % des suffrages exprimés et avait été éliminé dès le premier tour. Ce résultat était survenu dans un contexte d’abstention élevée, chiffrée alors à 64,1 %. Ces chiffres restent des éléments de référence pour mesurer la force électorale actuelle du parti dans la ville.

La droite locale face au dilemme des alliances

La perspective d’éventuels accords entre la droite et le RN alarme certains responsables locaux. Pierre‑Frédéric Billet, maire Les Républicains (LR) de Dreux, a annoncé le 12 décembre 2025 qu’il ne solliciterait pas l’investiture de son parti pour les municipales. Son message, diffusé sur les réseaux sociaux, visait à marquer sa rupture avec la stratégie qu’il juge de plus en plus favorable à des rapprochements avec l’extrême droite.

Il a expliqué avoir « choisi de sortir du silence pour dénoncer les errements du parti auquel j’appartiens depuis trente ans… En effet, il devient évident que le mot d’ordre pour les municipales de 2026 sera d’inciter les listes de droite à fusionner au second tour avec celles de l’extrême droite. » Par ce ton, l’élu invoque des principes qu’il associe aux traditions politiques gaulliennes et chiraquiennes, auxquelles il estime que LR tourne le dos.

Sa prise de position illustre une tension interne à la droite municipale : certains acteurs privilégient une ligne de refus des alliances avec le RN, tandis que d’autres semblent plus enclins à envisager des rapprochements tactiques pour contrer la gauche ou préserver des majorités locales.

Enjeux et incertitudes pour le scrutin

À ce stade, plusieurs éléments restent ouverts. D’une part, la présence ou non d’une liste RN officielle à Dreux n’a pas été confirmée publiquement par le parti, si l’on se fie à la prudente formulation de Virginia De Oliveira. D’autre part, la stratégie adoptée par Les Républicains en vue du second tour pourrait déterminer le paysage des discussions et des alliances.

Pour les électeurs et les observateurs, les paramètres clés à suivre seront la décision finale du RN, l’attitude des listes de droite face à un potentiel second tour et la mobilisation des citoyens, facteur qui avait fortement influé sur le résultat en 2020, marqué par l’abstention à 64,1 %.

La mémoire politique de Dreux, les hésitations des partis et les prises de position publiques des élus composent aujourd’hui un tableau incertain à quelques semaines du rendez‑vous municipal. Les déclarations déjà faites, et en particulier celle du maire LR, montrent que la question des alliances reste au cœur des débats locaux, sans qu’un scénario définitif ne se détache encore.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique