En 2022, La France insoumise (LFI) est parvenue à placer son candidat à la présidentielle, Jean‑Luc Mélenchon, en deuxième position à Paris, avec 23,2 % des voix. Au niveau national, le score s’établissait à 15,8 %, ce qui lui conférait la troisième place. Ces chiffres sont aujourd’hui au cœur de la stratégie municipale du mouvement pour 2026.
Résultats récents et ancrage à Paris
Lors des élections législatives anticipées de 2024, la coalition du Nouveau Front populaire a obtenu dix‑huit sièges de députés pour Paris. Le mouvement a lui‑même décroché quatre de ces dix‑huit sièges, tous remportés dès le premier tour. Ces succès récents dans la capitale servent de point d’appui à LFI pour intensifier son implantation locale et transformer des scores électoraux en présence institutionnelle.
La progression dans les scrutins parisiens contraste avec des résultats nationaux inférieurs en 2022. À Paris, le pourcentage obtenu par Mélenchon en 2022 (23,2 %) illustre une dynamique urbaine particulière qui paraît aujourd’hui mobilisée pour les municipales. Les sièges gagnés en 2024 renforcent cette perception d’une base déjà structurée dans certains arrondissements.
La stratégie municipale expliquée par la tête de liste
Sophia Chikirou, tête de liste LFI à Paris, a exposé les raisons de l’offensive municipale dans un entretien diffusé « le 19 janvier » sur la chaîne YouTube du journaliste Alexis Poulin, ancien animateur du site RT France, fermé en 2022. Elle a insisté sur le fait que les municipales étaient jusqu’ici « les seules élections que nous n’avons pas prises à bras‑le‑corps », et a ajouté : « Il n’est pas normal que nos idées ne soient pas représentées au niveau local alors que beaucoup de choses se décident au niveau local ! »
La formulation met en lumière une critique organisationnelle : selon Chikirou, LFI n’aurait pas jusqu’ici investi à la hauteur de ses ambitions les élections municipales, alors même que le niveau communal ou métropolitain détermine des politiques concrètes (logement, mobilité, services publics). Cette prise de parole vise à expliquer au public et aux militants la priorité donnée désormais au Conseil de Paris.
Le lancement officiel de la campagne
Le premier grand meeting de campagne de la tête de liste, programmé « vendredi 30 janvier » à la ménagerie du Cirque d’hiver, est présenté par LFI comme le lancement solennel de cette conquête espérée du Conseil de Paris. L’événement marque une étape symbolique de la campagne municipale et sert à cristalliser l’attention médiatique autour de la candidature parisienne.
Le choix du lieu et la qualification de « lancement solennel » insistent sur la volonté du mouvement de marquer une rupture avec une période où les municipales auraient été moins prioritaires. L’initiative vise également à mobiliser des soutiens locaux et nationaux autour d’un calendrier de rassemblements et d’actions de terrain à venir.
Perspectives et enseignements
Les chiffres de 2022 et les victoires de 2024 fournissent à LFI une argumentation factuelle pour expliquer son repositionnement vers les élections locales en 2026. Il est raisonnable d’inférer que le parti souhaite convertir ses résultats électoraux en influence concrète au sein des institutions municipales et métropolitaines ; cette phrase est une interprétation fondée sur les éléments publics communiqués par la tête de liste et sur les résultats électoraux cités ci‑dessus.
Sans éléments supplémentaires publics sur les listes, les alliances locales ou les objectifs chiffrés pour chaque arrondissement, il reste difficile d’évaluer la portée exacte de cette stratégie. Néanmoins, la dynamique évoquée — scores parisiens en 2022 et sièges obtenus en 2024 — constitue le socle sur lequel LFI appuie son ambition municipale.
Au‑delà des discours, la transformation d’un bon résultat électoral en ancrage local demande des relais de terrain, des fusions de listes éventuelles et une capacité à gouverner localement. Ces paramètres ne sont pas détaillés dans les éléments fournis, ce qui limite l’analyse à la seule observation des déclarations publiques et des résultats électoraux cités.





