À Saint-Étienne, la campagne municipale à droite s’enrichit d’un nouveau nom. Lundi 12 janvier, Siham Labich, deuxième adjointe au maire — ex‑MoDem et désormais sans étiquette — a officialisé sa candidature aux élections municipales lors d’un rassemblement organisé dans une grande galerie d’exposition du centre‑ville. Elle a convié les journalistes et une cinquantaine de proches pour faire cette annonce publique.
La candidature de Siham Labich
Lors de sa prise de parole, Siham Labich a présenté son projet local devant un public restreint, composé principalement de sympathisants et d’élus proches. Sa candidature marque la quatrième déclaration dans le camp de la droite et du centre qui formait la majorité de l’ancien maire Gaël Perdriau (DVD).
Labich, élue jusqu’alors inscrite au sein d’une majorité marquée par des alliances diverses, se présente sans étiquette officielle. L’annonce, organisée dans un lieu culturel du centre de Saint‑Étienne, visait à rassembler des soutiens de proximité et à affirmer une candidature ancrée dans le tissu municipal.
Un camp de droite fragmenté
Avant la déclaration de Siham Labich, plusieurs personnalités avaient déjà annoncé leur entrée en lice. Parmi elles figure l’ex‑député de la Loire Dino Cinieri, candidat pour Les Républicains (LR) et présenté comme soutenu par l’UDI, le MoDem, Renaissance, le Parti radical et le Parti radical de gauche.
Ont également déclaré leur candidature Éric Le Jaouen, ancien patron du Medef dans la Loire, qui se présente sous l’étiquette Horizons, puis Marc Chassaubéné (DVD) — premier adjoint au maire Jean‑Pierre Berger (DVD). Ces deux derniers sont décrits comme des soutiens fidèles de Gaël Perdriau.
La multiplication des candidatures à droite illustre une division interne sur la stratégie et les relais d’influence au sein de l’ancienne majorité municipale. Certains cadres locaux cherchent à incarner une continuité, d’autres à renouveler l’offre politique face aux enjeux municipaux.
Tensions au sein de la majorité sortante
L’annonce de Marc Chassaubéné et la préparation de sa candidature ont contribué à aggraver ces tensions. Selon les éléments disponibles, Marc Chassaubéné et Jean‑Pierre Berger auraient élaboré ce projet sans en informer une partie importante des élus de la majorité municipale.
Plusieurs conseillers, notamment ceux proches de Siham Labich, auraient appris l’existence de cette démarche par la presse. Ce mode de communication a été perçu comme révélateur de dysfonctionnements dans la concertation interne et a accru le sentiment de fragmentation au sein de la majorité municipale.
La coexistence de candidatures concurrentes provenant du même espace politique rend plus incertaine la capacité de la droite et du centre à se rassembler pour les municipales. Les désaccords internes portent autant sur les personnes que sur les alliances locales à construire pour le scrutin.
Le contexte judiciaire pesant
Le climat politique local est par ailleurs marqué par la situation judiciaire de l’ancien maire Gaël Perdriau (DVD). Il a été condamné le 1er décembre 2025 pour « chantage », « détournement de fonds publics » et « association de malfaiteurs ». Faute de suspension de peine, il a été incarcéré à la maison d’arrêt de Bourg‑en‑Bresse depuis le 7 janvier 2026. Il a formé appel de sa condamnation.
Cette affaire judiciaire a profondément affecté la vie politique stéphanoise et contribue aux remaniements et aux doutes au sein de la majorité sortante. Les candidatures successives doivent désormais être lues à l’aune de ce contexte, qui pèse sur l’image et la capacité de rassemblement du camp de droite et du centre.
La juxtaposition de projets concurrents et l’absence d’union actée compliquent la lecture des forces en présence. Les prochaines semaines pourraient voir des tentatives de recomposition ou au contraire une poursuite de la fragmentation, selon l’ampleur des négociations locales et la volonté des partis et des élus de privilégier l’unité ou l’affirmation de lignes distinctes.





