Durant plusieurs heures, la salle municipale de Vierzon (Cher) a été le théâtre d’une vive confusion le 18 décembre 2025. Dans cette ville de quelque 25 000 habitants, souvent présentée comme un bastion communiste, l’absence soudaine de la maire a interrompu la présentation des conclusions d’ateliers qui devaient servir de socle au programme de la liste municipale, élaboré depuis le printemps.
La scène et l’urgence
Corinne Ollivier, maire élue sous l’étiquette du Parti communiste français (PCF) en 2022, était attendue au pupitre pour faire le point devant les habitants. Elle ne s’est jamais présentée : des problèmes de santé l’ont empêchée de monter sur l’estrade. Face à l’impatience d’un public venu écouter sa maire, Maryvonne Roux, adjointe déléguée à la santé et à la jeunesse, a annoncé s’être substituée à elle « au pied levé ».
« J’ai dû la remplacer au pied levé. Sur le moment, il faut parer à l’urgence, face à la population qui attend ce moment avec son maire, » relate Maryvonne Roux. « Ça s’est fait naturellement, j’y suis allée sans même réfléchir à l’après. » La formulation illustre la surprise et la contrainte imposées aux élus présents ce soir-là.
Un retrait officialisé début janvier
Quelques semaines plus tard, Corinne Ollivier a annoncé son retrait début janvier. La passation a été rapide : Maryvonne Roux, 54 ans, se retrouve porteuse du bilan municipal et candidate pour la même équipe jusqu’au premier tour des élections municipales fixé au 15 mars. Le calendrier électoral impose un rythme serré, laissant peu de temps pour réorganiser la campagne et rassurer l’électorat.
Femme de gauche mais non encartée, Maryvonne Roux bénéficie du soutien du PCF. Sa trajectoire locale est marquée par un épisode fort : en 2018, elle s’est fait connaître pour son engagement dans la sauvegarde de la maternité de Vierzon, un combat qui lui a conféré une notoriété notable dans la cité.
Un rôle assumé malgré l’impréparation
Le texte d’origine souligne que ce « baptême du feu » est intervenu alors que Roux n’était pas préparée à tenir une telle place. Elle hérite d’un projet façonné depuis le printemps et d’un rôle institutionnel important au sein de la majorité en place. La situation interroge sur la capacité de l’équipe à maintenir la cohérence du programme et à convaincre un électorat sensible aux enjeux sociaux et économiques locaux.
La ville, décrite comme « balafrée par la crise industrielle », confronte ses élus à des attentes lourdes : maintien des services publics, relance économique et réponses aux conséquences sociales des mutations industrielles. Ces enjeux pèsent sur la campagne qui s’ouvre, même si le texte d’origine ne détaille pas les mesures proposées par la liste.
Les défis politiques et opérationnels
Prendre la tête de la liste à quelques mois du scrutin entraîne des défis politiques et organisationnels. Il faut à la fois incarner la continuité du bilan municipal et porter une promesse de changement, formule reprise par Maryvonne Roux. L’équilibre entre ces deux objectifs est délicat : la continuité rassure les électeurs attachés aux acquis, tandis que la promesse de changement doit convaincre les voix inquiètes ou insatisfaites.
Sur le plan opérationnel, l’équipe doit réarranger la communication, réaffirmer des priorités et mobiliser des soutiens locaux en peu de temps. Le rôle de relais joué par les adjoints et les militants locaux devient central pour maintenir la dynamique et expliciter les orientations du programme issu des ateliers.
Un contexte local aux lourdes attentes
Le contexte vierzonnais, tel que présenté, fait de la santé et du maintien des services un sujet particulièrement sensible, compte tenu du passé récent autour de la maternité. La légitimité de Maryvonne Roux repose en partie sur ce militantisme local, mais la transition de leadership va nécessiter des preuves de capacité à gérer les dossiers structurants de la commune.
La date du premier tour, le 15 mars, fixe un horizon concret. D’ici là, l’équipe menée par Roux devra approfondir sa communication sur les mesures envisagées et convaincre que le « changement » promis n’implique pas une rupture déstabilisante mais une réponse adaptée aux besoins de la population.
En l’absence d’autres éléments publics fournis dans le texte d’origine, l’enjeu immédiat reste la tenue d’une campagne claire et la capacité de la nouvelle cheffe de file à transformer une substitution imprévue en argument politique crédible.





