À l’approche des élections municipales des dimanches 15 et 22 mars 2026, plusieurs organisations de la société civile appellent à préserver les communes comme des espaces de vie, de solidarité et de liberté. « La lutte contre l’extrême droite est une urgence dans tous les territoires », affirment-elles, estimant que le projet politique de l’extrême droite serait incompatible avec l’écologie, la justice sociale, l’antiracisme, les solidarités locales et les libertés associatives et culturelles.
Enjeux écologiques locaux
Les signataires rappellent que les territoires subissent déjà les effets de la crise écologique : canicules, sécheresses, incendies, inondations et pollutions de l’eau et de l’air sont cités comme preuves de cette exposition. Dans ce contexte, l’action des collectivités locales sur la transition énergétique et la résilience face aux risques climatiques apparaît déterminante.
Or, écrivent ces organisations, certaines positions d’élus d’extrême droite s’opposeraient au développement des énergies renouvelables et encourageraient, en parallèle, des projets favorisant l’exploitation d’hydrocarbures. Elles dénoncent aussi des prises de positions contre la rénovation énergétique des logements, ainsi qu’un soutien à l’usage de pesticides, aux projets de retenues collinaires dites « mégabassines » et à l’élevage industriel.
Enfin, ces organisations estiment que certaines propositions politiques contribuent à augmenter la vulnérabilité aux inondations et aux autres risques climatiques, en remettant en cause des mesures d’aménagement ou de gestion de l’eau. Elles appellent donc à défendre des politiques territoriales centrées sur la prévention, la réduction des émissions et l’adaptation.
Justice sociale et accueil des personnes migrantes
Sur le plan social, le texte met en avant la fragilisation des solidarités locales attribuée à l’extrême droite. Il pointe notamment une hostilité envers les personnes migrantes qui se traduirait par de la stigmatisation et par le refus, voire la fermeture, de dispositifs d’accueil.
Les auteurs soulignent également des atteintes aux politiques de lutte contre les discriminations, en particulier celles liées à l’origine et au genre, y compris dans l’accès au logement social. Ils affirment que, loin de remédier à la précarité, certaines mesures mises en avant par l’extrême droite renforceraient la pauvreté : expulsions, criminalisation des locataires et des personnes sans-abri sont cités comme conséquences préoccupantes.
La défense d’un logement digne et d’un accompagnement social inclusif est présentée comme une priorité pour maintenir la cohésion des territoires et protéger les publics les plus vulnérables.
Libertés culturelles et associatives
Les organisations signataires alertent enfin sur des atteintes aux libertés d’expression et de création. Elles relèvent que certains élus d’extrême droite cherchent à obtenir la déprogrammation d’artistes ou l’annulation de subventions, et que des actions visant à perturber spectacles, projections ou expositions ont été observées.
Selon elles, ces démarches favorisent une autocensure chez les programmateurs culturels, malgré la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, en vigueur depuis environ dix ans et conçue pour protéger ces libertés. Elles insistent sur l’importance de garantir le fonctionnement autonome des structures associatives et culturelles afin que la diversité des expressions et des débats puisse se maintenir au niveau local.
Dans l’ensemble, les organisations interpellent les électrices et électeurs et les acteurs locaux sur les conséquences politiques et sociales des choix municipaux. Elles appellent à défendre des politiques publiques territoriales axées sur la transition écologique, la justice sociale, l’accueil et la protection des droits fondamentaux, sans pour autant proposer de programme partisan dans ce texte.





