Par Catherine Bocquet
Les élections municipales tenues en mars 2026 confirment une domination durable de la droite et du centre dans les Hauts-de-Seine, alors que la gauche enregistre quelques victoires symboliques qui viennent modifier, mais non renverser, l’équilibre politique du département.
Un paysage politique resté majoritairement à droite
Au second tour des municipales de mars 2026, 18 des 36 maires restaient à élire dans le département. Avec un taux de participation de 41,75 %, le scrutin n’a pas profondément modifié la carte politique locale : la majorité des communes a reconduit des équipes de droite ou de centre droit, et les principales places restent sous leur contrôle.
La formule prononcée dimanche soir par Georges Siffredi, président du conseil départemental, illustre ce constat : « Les Hauts-de-Seine, c’est la droite et le centre et ça ne change pas ». Cette appréciation reflète la stabilité des majorités municipales, même si l’on observe des signes d’érosion ponctuelle dans des communes longtemps considérées comme des bastions conservateurs.
Percées symboliques de la gauche
Les résultats les plus commentés concernent des basculements locaux où la gauche a su concrétiser des dynamiques engagées dès le premier tour. À Chaville, la liste d’union de la gauche conduite par Thierry Besançon (divers gauche) l’emporte avec 50,81 % des suffrages face au maire sortant Jean-Jacques Guillet (divers droite). Cette victoire, acquise d’une courte tête, est présentée par ses partisans comme une prise de territoire significative dans une commune historiquement marquée par la droite.
Autre victoire notable : Fontenay-aux-Roses, longtemps ancrée au centre droit, bascule au profit de la gauche. Pauline Le Fur (Parti socialiste) remporte le siège avec 53,07 % des voix, devançant le maire sortant Laurent Vastel (UDI). Le score, plus net qu’à Chaville, traduit un mouvement local favorable aux listes de gauche dans cette commune précise.
Analyse et portée des résultats
Ces succès restent cependant limités en nombre et en portée : ils n’entraînent pas, à eux seuls, une recomposition départementale. Dans la très grande majorité des communes où le second tour se tenait, la continuité l’a emporté. Les victoires de la gauche sont surtout symboliques et peuvent servir de points d’appui pour des stratégies locales et départementales à moyen terme.
Plusieurs facteurs expliquent ce maintien de la droite : l’ancrage territorial des équipes sortantes, la capacité de mobilisation de leurs réseaux locaux et, parfois, une fragmentation de l’offre politique à gauche qui a nui à des rassemblements plus larges. Les résultats montrent aussi que l’abstention — ici 41,75 % de participation — reste un élément déterminant dans l’issue des scrutins municipaux et peut amplifier la solidité des majorités en place.
Conséquences attendues et perspectives
À court terme, ces élections confortent la présidence du conseil départemental et la présence politique des familles de droite et du centre au sein des collectivités locales. Pour la gauche, les victoires de Chaville et Fontenay-aux-Roses représentent des relais précieux pour développer des alliances et préparer les échéances futures.
Au-delà des chiffres, l’issue du second tour illustre la dualité du scénario politique local : une majorité structurelle stable, assortie de poches de progression pour la gauche. La lecture fine des résultats communaux sera nécessaire pour apprécier la durabilité de ces gains et mesurer si, à moyen terme, ils constituent le début d’une tendance ou des épisodes isolés.
Les pourcentages cités — 50,81 % pour Thiery Besançon à Chaville et 53,07 % pour Pauline Le Fur à Fontenay-aux-Roses — proviennent des résultats proclamés lors du second tour des municipales de mars 2026 et servent de repères pour cet article.





