Par Valérie Mazuir
Le second tour des municipales 2026 a livré des verdicts contrastés dans les grandes villes françaises. Certaines métropoles sont restées aux mains de la gauche, d’autres ont basculé vers la droite ou vers des listes nouvelles. Ci-dessous, un tour d’horizon des résultats dans les principales villes évoquées.
Un maintien de la gauche dans les grandes villes
À Paris, l’alliance PS-Les Écologistes-PCF portée par Emmanuel Grégoire remporte la capitale avec 50,52 % des suffrages, selon les chiffres publiés. Rachida Dati, soutenue par Renaissance, Horizons et le Modem, obtient 41,52 %, et Sophia Chikirou (LFI) recueille 7,96 %.
À Marseille, le maire sortant Benoît Payan est confortablement réélu. Sa liste de gauche hors-LFI obtient 54,34 %, devant le député RN Franck Allisio à 40,30 %. La candidate de la droite et du centre Martine Vassal franchit de justesse le seuil de 5 %, lui assurant quatre élus au conseil municipal.
À Nantes, la maire socialiste Johanna Rolland est réélue avec 52,18 % des voix face au candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (47,82 %). Elle entame ainsi un nouveau mandat dans une ville tenue par la gauche depuis 1989.
Confrontations serrées et basculements
À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet conserve son fauteuil. Sa coalition de gauche, alliée à LFI dans l’entre-deux-tours, l’emporte avec 50,67 % contre 49,33 % pour Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre. L’écart se monte à moins de 3 000 voix selon les résultats annoncés.
Cependant, les écologistes perdent la Métropole de Lyon. Les listes conduites par Véronique Sarselli, candidate LR alliée à Jean-Michel Aulas, obtiennent une majorité absolue d’élus au niveau métropolitain.
À Bordeaux, l’ancien ministre Thomas Cazenave (Renaissance), soutenu par la droite et le centre, l’emporte de justesse sur le maire sortant écologiste Pierre Hurmic : 50,95 % contre 49,05 %.
À Lille, Arnaud Deslandes (PS), en place depuis un an, conserve la mairie avec 49,33 % des voix. Sa concurrente LFI Lahouaria Addouche recueille 33,70 % ; le RN et la majorité présidentielle arrivent en retrait.
Performances de la droite et du Rassemblement national
À Nice, Eric Ciotti, ancien LR et candidat soutenu par une stratégie d’union de la droite, remporte la mairie avec 43,43 %. L’ancien maire Horizons Christian Estrosi obtient 30,92 % et la liste d’union de la gauche hors LFI recueille 14,26 %. La liste PS-PCF-Écologistes obtient 15,5 %.
Le Rassemblement national n’a pas réalisé de raz de marée national, mais il décroche des succès locaux. À Carcassonne, le député RN Christophe Barthès arrive en tête avec 40,40 %, devant la liste Horizons de François Mourad (30,84 %) et l’union de la gauche (28,75 %).
En revanche, le RN échoue dans plusieurs de ses cibles. À Toulon, la candidate RN Laure Lavalette, arrivée largement en tête au premier tour, est battue au second par la maire sortante de droite Josée Massi (52,35 % contre 47,65 % pour Lavalette).
Gains pour LFI et percées locales
La France insoumise signe des victoires notables en dehors des grandes métropoles. À Roubaix, le député LFI David Guiraud remporte la mairie avec 53,19 % lors d’une quadrangulaire, devançant le maire sortant divers droite Alexandre Garcin (25,55 %).
À Nîmes, le communiste Vincent Bouget, soutenu par une liste PCF/PS/Écologistes, est élu maire avec 40,97 %, tandis que le candidat RN Julien Sanchez obtient 37,85 %. Le candidat de droite Franck Proust recueille 21,51 %.
Cas particuliers et enjeux politiques
Au Havre, Edouard Philippe est réélu avec 47,71 % des voix. Il devance le député communiste Jean-Paul Lecoq à 41,17 % et Franck Keller (UDR/RN) à 11,12 %. Les résultats interviennent alors que M. Philippe prépare, selon des informations de campagne, une candidature à l’élection présidentielle qui devrait être lancée en avril.
À Annecy, l’ancien ministre Antoine Armand, soutenu par Renaissance et LR, remporte la mairie avec 49,36 % dans une triangulaire. Il devance Alexandre Mulatier-Gachet (35,12 %) et le candidat RN Guillaume Roit-Levêque (15,52 %).
Plusieurs tendances ressortent de ce second tour : la gauche a su conserver des fiefs municipaux majeurs, la droite a repris des positions dans certaines métropoles, et le RN progresse dans des villes moyennes tout en subissant des défaites ciblées. Les alliances locales — entre PS, Écologistes, PCF, LFI ou avec la droite et le centre — ont joué un rôle déterminant dans l’issue des scrutins.
Les résultats détaillés par commune confirment la diversité des équilibres politiques sur le territoire : les jeux d’alliances et les dynamiques locales ont souvent prévalu sur les tendances nationales.





