Au lendemain du second tour des municipales, la présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a réagi lundi 23 mars 2026 sur France Inter aux critiques venues du Parti socialiste. Interpellée par la formule d’Olivier Faure selon laquelle Jean‑Luc Mélenchon serait « devenu le boulet de la gauche », elle a recentré le débat sur l’adversaire principal selon elle : l’extrême droite.
« L’adversaire, c’est l’extrême droite »
« Lorsque l’on est de gauche, on se rappelle que son adversaire, ce n’est pas la principale force de gauche au Parlement, mais c’est bien l’extrême droite », a déclaré Mathilde Panot lors de l’entretien radiophonique du 23 mars 2026.
Face à la critique d’Olivier Faure, la députée du Val‑de‑Marne a renvoyé la responsabilité vers ceux qui, selon elle, ont refusé des fusions capables d’empêcher des basculements vers la droite ou l’extrême droite dans certaines communes.
Controverses et demandes de « clarté » à gauche
Le débat s’est également cristallisé autour d’appels à « de la clarté » de la part d’autres figures de la gauche, comme Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud, qui ont jugé nécessaire un état des lieux après le scrutin municipal.
Mathilde Panot a répondu à ces appels en dénonçant ce qu’elle perçoit comme une contradiction : « Il n’est pas possible de dire d’un côté que la France insoumise serait infréquentable et ensuite de venir nous chercher lorsqu’il s’agit des sièges, que ce soit à l’Assemblée nationale ou dans les conseils municipaux. »
Fusions, retraits et exemples locaux
Sur le plan local, la responsable parlementaire de LFI a cité des exemples où son mouvement dit s’être retiré ou avoir proposé la fusion lorsqu’un risque d’extrême droite se profilait. Elle a notamment évoqué « Sébastien Delogu à Marseille qui permet à la ville de rester au Parti socialiste et de ne pas basculer à l’extrême droite. »
Panot a aussi pointé du doigt des municipalités qui, selon elle, auraient été laissées au centre ou à la droite parce que d’autres acteurs politiques « ont refusé justement les fusions », citant Bordeaux, Cherbourg et le Kremlin‑Bicêtre.
Le texte d’origine note que la députée a omis de mentionner certaines villes — Paris, Rennes ou Montpellier — où des candidats socialistes ont été élus sans l’appui de LFI. Cette observation souligne la diversité des situations locales et la complexité des alliances municipales.
La « percée » revendiquée par LFI
Mathilde Panot s’est néanmoins félicitée de ce qu’elle appelle la « percée » de La France insoumise au cours de ces municipales. Elle a cité des gains et des échecs contrastés : la conquête de villes comme Roubaix et Vénissieux, et des défaites à Toulouse et Limoges au second tour.
« Nous allons diriger une dizaine de villes dans lesquelles nous allons faire retrouver à la fois une fierté et une dignité populaire », a‑t‑elle affirmé, en rappelant que le mouvement existe depuis « seulement dix ans ». Selon elle, cette progression doit permettre d’inscrire dans les conseils municipaux « des militants associatifs, des militants syndicaux, mais aussi des mamans célibataires, des gens qui luttent pour le logement digne ».
La déclaration met en avant la volonté de renouveler les profils présents dans l’action municipale et de « rompre avec une vieille manière de faire de la politique », formulation qui résume la posture affichée par LFI après le scrutin.
Au final, les prises de parole montrent un paysage politique de gauche fragmenté, où s’entremêlent demandes de clarification, stratégies d’alliance locales et lectures divergentes des résultats du second tour des municipales 2026. Les propos échangés lundi 23 mars 2026 témoignent d’un débat interne sur la manière d’affronter, collectivement ou séparément, la montée de l’extrême droite sur certains territoires.





