Municipales 2026 : qui présidera la Métropole Aix‑Marseille‑Provence ? 92 communes, 238 conseillers, près de 2 M d’habitants et 5 Md€ en jeu

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Qui présidera la Métropole Aix‑Marseille‑Provence (AMP) ? Ce poste stratégique — 92 communes, près de 2 millions d’habitants et un budget d’environ 5 milliards d’euros — se joue au‑delà des résultats municipaux : la majorité parmi les 238 conseillers métropolitains, souvent scellée par des alliances locales (parfois nouées dans les loges du Stade Vélodrome), déterminera l’orientation des politiques publiques pour les années à venir.

La direction de la Métropole Aix‑Marseille‑Provence (AMP) est l’un des enjeux majeurs que soulèvent les municipales : au‑delà des chancelleries et des réunions officielles, les loges de la tribune présidentielle du Stade Vélodrome jouent un rôle discret mais réel. Pendant les matches de l’Olympique de Marseille, elles servent de lieu de rencontres informelles où se nouent des alliances et se pèsent les équilibres politiques qui déterminent l’avenir de la métropole.

L’incertitude porte sur une question simple et structurante : qui, au sortir des urnes, fin mars, prendra la présidence de cet établissement public de coopération intercommunale (EPCI) ? L’AMP rassemble 92 communes, près de 2 millions d’habitants et gère un budget annuel d’environ 5 milliards d’euros. Elle exerce des compétences clés — transports, voirie, propreté, entre autres — qui font de sa présidence un poste stratégique pour l’ensemble du territoire.

Un fauteuil gagné par des majorités mouvantes

La présidence de la métropole ne dépend pas uniquement des résultats dans une seule ville, même si Marseille pèse lourd : elle se gagne par la construction d’une majorité parmi les 238 conseillers métropolitains, élus au suffrage indirect sur les listes municipales. La logique électorale y est donc plurielle : alliances locales, accords entre maires et arithmétique des sièges jouent un rôle décisif.

Ces dynamiques expliquent pourquoi les discussions informelles — y compris dans des lieux symboliques comme les loges du Vélodrome — peuvent peser autant que les campagnes publiques. Au lendemain du scrutin, il faudra réunir une majorité stable parmi ces 238 élus pour nommer le président de l’AMP et permettre l’adoption du programme métropolitain pour le mandat à venir.

Compétences et enjeux pour les communes

La métropole exerce des compétences qui concernent directement la vie quotidienne des habitants : transports intercommunaux, gestion des déchets, voirie, aménagement du territoire, développement économique et politique de l’habitat. Le contrôle du budget — près de 5 milliards d’euros par an selon les chiffres évoqués — donne au président et à la majorité métropolitaine des marges d’intervention considérables.

Pour les maires des communes membres, le rapport aux financements métropolitains est donc central. Certains élus privilégient une relation de proximité, axée sur l’accompagnement des projets communaux. D’autres défendent une approche plus intégrée, favorisant des politiques métropolitaines coordonnées. Ces choix politiques sous‑tendent les négociations qui se jouent avant et après le vote municipal.

Retour sur le précédent de 2020

Le contexte électoral de 2020 illustre la complexité des alliances. À Marseille, la victoire surprise du Printemps marseillais n’a pas suffi à emporter la présidence de l’AMP : celle‑ci a échappé au mouvement malgré son succès local. Martine Vassal, alors membre des Républicains (LR), avait été battue aux municipales à Marseille mais avait néanmoins conservé la présidence de la métropole, poste qu’elle occupait depuis deux ans.

Ce maintien au pouvoir s’était construit en partie grâce à des alliances inattendues. Le soutien d’Aix‑en‑Provence et de sa maire de l’époque, Maryse Joissains (LR), avait été jugé essentiel, aux côtés de plusieurs élus de gauche. Ces derniers avaient été sensibles aux promesses de financements métropolitains et à l’engagement de créer, selon les termes employés alors, une « métropole des maires » — une approche présentée comme destinée à faciliter l’accès des communes à des ressources et à leur laisser une marge d’autonomie.

Le précédent montre que les résultats municipaux dans une grande ville ne suffisent pas à garantir le contrôle de l’EPCI : la construction d’une majorité au sein des 238 conseillers métropolitains peut produire des résultats contraires aux attentes locales.

Alors que la campagne municipale s’achève et que le calendrier prévoit la formation des nouvelles équipes fin mars, les regards se tournent donc vers la recomposition des alliances. L’issue déterminera non seulement qui présidera la métropole, mais aussi l’orientation des politiques publiques pour les années à venir.

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