Le second tour des élections municipales, organisé dimanche 22 mars 2026, a livré une série d’enseignements contrastés : victoire des listes de gauche dans plusieurs métropoles, reconduites de maires sortants dans les grandes villes, percées locales du Rassemblement national et succès d’élus issus de la droite modérée dans certains bastions. La soirée a été marquée par des résultats serrés et quelques contentieux annoncés.
Résultats dans les grandes villes
À Paris, selon un sondage Elabe‑Berger Levrault pour BFMTV, RMC et Le Figaro, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire l’emporte largement : 50 % contre 40 % pour la LR Rachida Dati et 10 % pour Sophia Chikirou (LFI). Anne Hidalgo, maire sortante, a accueilli M. Grégoire à l’hôtel de ville en déclarant : « Je donne la clé de la ville à Emmanuel Grégoire. »
À Lyon, les premières estimations Ifop‑Fiducial plaçaient le maire sortant écologiste Grégory Doucet vainqueur avec environ 54 % des voix face à Jean‑Michel Aulas (46 %). M. Aulas a toutefois annoncé le dépôt d’un recours, évoquant de « très nombreuses irrégularités » et déclarant : « On ne sait pas qui a gagné Lyon. »
Marseille confirme la victoire du maire divers gauche sortant Benoît Payan, crédité selon les instituts de 56,3 % face au candidat RN Franck Allisio (39,10 %) ; la candidate LR Martine Vassal recueille 4,6 %. À Bordeaux, l’ancien ministre Thomas Cazenave était donné vainqueur face au maire écologiste sortant Pierre Hurmic, selon des projections diffusées pendant la soirée.
Au Havre, Edouard Philippe est réélu : l’institut Elabe indiquait un score autour de 47,71 % contre 41,17 % pour le candidat PCF Jean‑Paul Lecoq et 11,12 % pour le candidat UDR‑RN Franck Keller.
Dans le Sud, Nice bascule selon les premières estimations : Eric Ciotti l’emporte avec environ 46,2 %, Christian Estrosi recueillant 38,1 % et la candidate de gauche 15,7 %. À Roubaix, LFI obtient un succès net : David Guiraud est crédité de 55,61 % des voix (Elabe).
Participation et dynamique nationale
Le ministère de l’Intérieur a annoncé un taux de participation de 48,10 % à 17 heures. Plusieurs instituts ont ensuite estimé la participation finale entre 57 % et 57,5 % à 20 heures, en hausse par rapport au scrutin de 2020, fortement marqué par la pandémie.
Les résultats laissent apparaître des logiques territoriales contrastées : les maires sortants ont souvent été reconduits dans les grandes villes, tandis que le Rassemblement national a enregistré des succès ciblés (Nice, Carcassonne, Menton, La Seyne‑sur‑Mer) mais a échoué dans plusieurs des communes qu’il ciblait (notamment Toulon). Le président du RN, Jordan Bardella, a qualifié la soirée de « la plus grande percée de toute l’histoire » du parti, soulignant des gains dans des villes moyennes.
La France insoumise a confirmé quelques avancées locales : outre Roubaix, la formation remporte des municipalités et consolide des positions acquises lors du premier tour, selon ses dirigeants. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a souligné une progression des listes de rupture sans reprendre intégralement les longs propos tenus lors de la soirée.
Points notables et réactions
Plusieurs figures nationales ont commenté les résultats. Gabriel Attal (Renaissance) a affirmé : « Nous progressons partout », revendiquant des gains locaux et la multiplication d’élus. Eric Ciotti a déclaré après sa victoire à Nice : « C’est une immense victoire. »
À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, donnée gagnante selon Ipsos‑BVA, a défendu son alliance locale en déclarant : « Ce n’est absolument pas une alliance de circonstances, c’est un rassemblement sur le projet. »
La soirée a aussi livré des retournements locaux marquants : Brest bascule à droite avec la victoire de Stéphane Roudaut (57,4 % contre 38,3 % pour le socialiste François Cuillandre), Clermont‑Ferrand et Besançon ont été annoncées au profit de listes de droite dans certaines projections, et Grenoble devrait voir l’élection de l’écologiste Laurence Ruffin, créditée selon Ici Isère de 56,59 % (des chiffres partiels donnaient 55,72 % après dépouillement de 85 % des bulletins).
Enfin, la soirée n’a pas été dépourvue de contentieux annoncés : outre le recours de Jean‑Michel Aulas à Lyon, d’autres incidents locaux et contestations de résultats ont été évoqués pendant le dépouillement. Les analyses publiées par les rédactions mettent en perspective ces résultats en insistant sur la fragmentation du paysage politique et la persistance d’un vote local parfois déconnecté des équilibres nationaux.





