La campagne municipale à Bordeaux a connu un coup de théâtre mardi 17 mars en fin de journée : Philippe Dessertine, économiste et candidat sans étiquette arrivé troisième au premier tour, a annoncé qu’il ne déposerait pas de liste pour le second tour. Ce retrait ouvre la voie à un duel direct, dimanche 22 mars, entre le maire écologiste sortant Pierre Hurmic et le député Renaissance Thomas Cazenave.
Un retrait inattendu qui rebattre les cartes
Selon les informations rendues publiques mardi soir, Philippe Dessertine — qui avait déclaré lundi au journal Sud‑Ouest vouloir « transformer l’essai » au second tour — n’a finalement pas franchi l’étape administrative du dépôt de liste. L’annonce, faite à la surprise générale, intervient deux jours après le premier tour, tenu dimanche 15 mars.
Conséquence immédiate : la configuration du second tour se simplifie pour la droite et le centre. Thomas Cazenave, qui avait obtenu 25,58 % des suffrages le 15 mars, se retrouve désormais seul pour porter l’alternative à la gauche et aux écologistes face à Pierre Hurmic. Le retrait de Dessertine rend plus lisible le duel, mais ne garantit rien sur l’arbitrage des électeurs qui s’étaient portés sur la candidature de l’économiste.
Les chiffres du premier tour et leurs enseignements
Le premier tour a donné des indications précises sur la géographie électorale de la ville. Pierre Hurmic, soutenu par le Parti socialiste (PS), le Parti communiste, Génération.s, Nouvelle Donne et Place publique, a recueilli 27,70 % des voix le 15 mars. Thomas Cazenave suit de près avec 25,58 %.
Le scrutin a mis en lumière une forte mobilisation des électeurs de droite, particulièrement dans les quartiers aisés de Bordeaux, et une participation plus faible dans plusieurs bureaux traditionnellement favorables à la gauche. C’est cette faible participation, et non l’absence d’alliances formelles, qui explique en partie le score serré du maire sortant.
Ce que change le retrait de Philippe Dessertine
Sur le plan strictement arithmétique, la disparition d’un troisième candidat permet de concentrer les oppositions sur deux camps au second tour. Pour Thomas Cazenave, député de la Gironde et ancien ministre chargé des comptes publics, cette nouvelle donne améliore ses perspectives à court terme : il apparaît désormais comme le principal rival de l’édile écologiste.
Cependant, le retrait ne préjuge pas de l’orientation des électeurs qui avaient choisi Dessertine. Sans consigne formelle de report et en l’absence d’un ralliement explicite mentionné publiquement à ce stade, il reste impossible d’affirmer comment ces voix se répartiront le 22 mars. Les reports de voix, l’abstention entre les deux tours et la mobilisation locale demeurent des facteurs décisifs.
Le contexte politique local
Bordeaux a une histoire politique marquée : la ville avait été dirigée par la droite de 1947 à 2020, avant l’élection de Pierre Hurmic. Ce contexte explique en partie l’attention portée au basculement éventuel de certains quartiers et aux dynamiques de participation. Le résultat du second tour dépendra donc autant des sensibilités politiques locales que de la capacité des camps à mobiliser leurs électeurs.
Les formations politiques qui soutiennent Pierre Hurmic (PS, PC, Génération.s, Nouvelle Donne, Place publique) continueront d’être des relais importants pour sa campagne, tandis que Thomas Cazenave représente l’offre de la droite et du centre au niveau local. Le retrait de Dessertine simplifie la lecture du face‑à‑face mais laisse des inconnues sur les comportements électoraux à quelques jours du vote.
À l’approche du second tour, fixé au dimanche 22 mars, les regards resteront tournés vers la participation et les consignes éventuelles des principaux acteurs. D’ici là, la campagne locale devrait s’intensifier et les équipes des deux candidats travailleront à consolider leurs soutiens dans une ville où chaque circonscription peut peser sur l’issue finale.





