Didier Laguerre a été réélu maire de Fort-de-France pour un troisième mandat, après un second tour très disputé qui s’est tenu dimanche 22 mars 2026. La liste conduite par l’édile a obtenu 11 994 voix, soit 50,10 % des suffrages exprimés, devançant deux listes d’opposition arrivées presque à égalité (25,51 % et 24,39 %). La victoire assure à M. Laguerre 37 des 49 sièges du conseil municipal. ([rtl.fr](https://www.rtl.fr/elections/martinique/martinique/fort-de-france))
Résultats chiffrés et déroulé du scrutin
Le second tour des élections municipales à Fort-de-France a confirmé un découpage clair des forces : Didier Laguerre (liste classée divers gauche) a rassemblé 11 994 voix (50,10 %), Steeve Moreau a obtenu 6 107 voix (25,51 %) et Francis Carole 5 840 voix (24,39 %). Les sièges au conseil municipal ont été attribués en conséquence : 37 pour la majorité, 6 et 6 pour les deux listes concurrentes. Les scrutins municipaux ont eu lieu les 15 et 22 mars 2026. ([rtl.fr](https://www.rtl.fr/elections/martinique/martinique/fort-de-france))
Au premier tour, M. Laguerre figurait déjà en tête avec 9 343 voix (44,25 %), tandis que les deux listes régionalistes menées par Francis Carole et Steeve Moreau atteignaient respectivement 21,96 % et 21,20 %. Le second tour a donc confirmé une consolidation des voix autour du maire sortant, mais avec une marge étroite au regard de la présence d’un nouveau pôle politique. ([rtl.fr](https://www.rtl.fr/elections/martinique/martinique/fort-de-france))
Un parti historique en recul, une candidature issue du mouvement social
Didier Laguerre conduit sa liste sous l’étiquette qui s’inscrit dans la filiation du Parti progressiste martiniquais (PPM), parti de gauche autonomiste fondé par Aimé Césaire en 1958. Le PPM demeure un acteur central de la vie politique locale, mais la compétition de 2026 révèle un net tassement de son assise électorale à Fort-de-France. ([en.wikipedia.org](https://en.wikipedia.org/wiki/Martinican_Progressive_Party?utm_source=openai))
Le scrutin est intervenu à une date symbolique : le dimanche 22 mars correspond à l’anniversaire de la création du PPM en 1958, rappelé par le maire lors de ses déclarations de victoire. Dans ses propos repris par la presse locale et lors d’allocutions publiques, M. Laguerre a salué la « revanche » de son camp et a ironisé sur les pronostics annonçant la fin du PPM, estimant que le parti restait « particulièrement vivant ». Ces déclarations ont été prononcées au moment de l’annonce des résultats. (Citations rapportées dans le compte rendu de la soirée électorale.)
La percée d’une formation issue du mouvement contre la vie chère
Le troisième acteur majeur de ces élections est une formation récente, née du mouvement de contestation contre la vie chère qui a secoué la Martinique en 2024–2025. Le collectif RPPRAC, porté par Rodrigue Petitot, a annoncé la création d’un parti politique, « Pour le Peuple (PLP) », le 30 septembre 2025 ; ce parti a présenté des têtes de liste dans plusieurs communes, dont Fort-de-France où Steeve Moreau en était le chef de file. La percée de cette nouvelle formation a redistribué les cartes et contribue à expliquer la fragmentation du score d’opposition. ([fr.wikipedia.org](https://fr.wikipedia.org/wiki/Rodrigue_Petitot))
Steeve Moreau, présenté sous les couleurs issues de ce courant, a rassemblé 25,51 % des voix au second tour, un résultat significatif pour une force politique créée depuis peu. Cette dynamique traduit la capacité d’un mouvement social converti en force électorale à peser rapidement dans les scrutins locaux.
Enjeux et perspectives pour la ville
Fort-de-France, commune la plus peuplée de l’île avec environ 75 000 habitants selon les dernières populations de référence, conserve un rôle central dans l’équilibre politique martiniquais. Les résultats montrent toutefois une recomposition des rapports de force : le PPM garde la mairie, mais il devra composer avec l’érosion relative de son socle face à une opposition désormais structurée et à l’apparition d’une offre politique née des mobilisations sociales récentes. ([insee.fr](https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/8680858/PopRef2023_MARTINIQUE.pdf?utm_source=openai))
Pour la municipalité réélue, le défi sera d’articuler réponses aux attentes sociales et gestion quotidienne de la ville, dans un contexte où la question du pouvoir d’achat et des prix reste très présente dans le débat public local. L’issue du scrutin illustre que la recomposition politique locale peut être rapide lorsque des mouvements sociaux se structurent en organisations politiques actives.





