Municipales à Grenoble : le sondage Ipsos/BVA relance Alain Carignon face à Laurence Ruffin — sa condamnation et les enjeux jeunesse, solidarité, sécurité

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À Grenoble, un sondage Ipsos/BVA relance la campagne municipale en donnant une nouvelle dynamique à la candidature d’Alain Carignon, désormais en position de rivaliser avec Laurence Ruffin, soutenue par le maire sortant Éric Piolle. Le duel polarise la ville : d’un côté la remontée d’un ancien élu marqué par une condamnation pour corruption, de l’autre une campagne axée sur jeunesse, solidarité et sécurité — des enjeux clés qui devraient influer sur le choix des électeurs.

La campagne municipale à Grenoble, marquée par la candidature d’Alain Carignon, a pris une tournure nettement plus tendue depuis la publication d’un sondage local. La bataille pour succéder au maire écologiste sortant Éric Piolle oppose notamment Laurence Ruffin, soutenue par ce dernier, et le candidat Les Républicains, dont le retour sur la scène politique ravive les débats autour de son passé judiciaire.

Un sondage qui relance la campagne

Le 4 février, un sondage Ipsos/BVA publié par le Dauphiné Libéré a créé la surprise en plaçant Alain Carignon en position de force, susceptible de talonner la candidate de la gauche Laurence Ruffin. Le quotidien régional a relayé ces chiffres qui ont immédiatement alimenté les discussions dans la ville, sans que le texte d’origine présenté ici ne détaille les pourcentages exacts.

Face à cette remontée, Laurence Ruffin, candidate soutenue par le maire sortant et seule femme dans la course, a déclaré : « Je prends mes adversaires très au sérieux ». Sa campagne met l’accent sur la jeunesse, la solidarité et la culture, des thèmes qu’elle juge cruciaux dans une ville confrontée à une perception d’insécurité croissante.

Le passé judiciaire d’Alain Carignon, pierre d’achoppement

Alain Carignon a été maire de Grenoble de 1983 à 1995 et a occupé des fonctions ministérielles sous le gouvernement d’Édouard Balladur. Il a été condamné en 1996 à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre ans fermes, et à cinq ans d’inéligibilité pour des faits de corruption et d’abus de biens sociaux. Le texte rappelle qu’il a été incarcéré vingt-neuf mois, une durée qualifiée de record pour un homme politique dans cette présentation.

À la fois symbole de résurgence politique et objet de rejet, la présence de Carignon dans la course divise : lors de l’inauguration de sa permanence en septembre 2025, une centaine de personnes s’était rassemblée avec des pancartes portant les slogans « Voleur, fraudeur » et « Carignon, pognon, prison ». Ces images montrent l’ampleur de l’opposition à son retour, même si le candidat affirme ne pas en être affecté.

Interrogé, Alain Carignon a balayé les critiques en soulignant l’ancienneté de sa condamnation : « J’ai été condamné il y a trente ans [il a passé vingt-neuf mois en prison, le record pour un homme politique] et je n’ai commis aucun préjudice moral et politique à l’égard de la ville », a-t-il déclaré en souriant, selon le récit initial.

À l’opposé, Raymond Avrillier, le lanceur d’alerte à l’origine de l’enquête qui avait conduit au départ de l’édile, réplique sans ambiguïté : « C’est un corrupteur, un suborneur de témoins. Les faits restent. » Cette accusation historique continue d’alimenter la controverse et de structurer les arguments des opposants à la candidature de Carignon.

Stratégies de campagne et enjeux locaux

La campagne de Laurence Ruffin met en avant des priorités sociales et culturelles, cherchant à rallier des électeurs inquiets par l’évolution de la sécurité en ville. Son positionnement s’appuie sur le soutien d’Éric Piolle et sur une communication centrée sur la jeunesse et la solidarité.

De son côté, Alain Carignon mise sur une stratégie de normalisation de son retour et sur la consolidation d’un électorat de droite intéressé par un changement de cap. Le contraste entre une candidature marquée par un passé judiciaire et la volonté affichée de tourner la page constitue le fil conducteur du débat électoral.

La question de la réinsertion fait aussi surface dans les réactions publiques : certains, comme Avrillier, estiment qu’il est inacceptable de proposer une réapparition politique de quelqu’un dans la même collectivité où des faits ont été commis. La formulation rapportée dans le texte — « Je suis en faveur de la réinsertion des délinquants, mais pas là où ils ont commis leurs crimes » — illustre cette position critique.

À quelques semaines du scrutin municipal, l’atmosphère à Grenoble reste donc tendue. Le sondage a repositionné les forces en présence et recentré le débat sur la mémoire judiciaire, la responsabilité politique et les priorités locales. Les électeurs devront trancher entre appels au renouvellement, considérations morales et orientations publiques sur la sécurité et les politiques sociales.

Parlons Politique

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