Avec une dizaine de candidatures déjà déclarées, le scrutin municipal des 15 et 22 mars s’annonce particulièrement ouvert à Mulhouse. Le terrain est fragmenté, notamment à droite et au centre, où se multiplient les listes et les candidatures individuelles.
Une maire sortante en position délicate
Michèle Lutz, maire sortante classée divers droite, se représente mais part d’une base électorale fragile. En poste depuis 2017, elle avait pris la succession de Jean Rottner, parti diriger la Région Grand-Est. Réélue en 2020, son second mandat s’est inscrit dans un contexte fortement marqué par la crise sanitaire.
Lors du scrutin de 2020, l’épidémie de Covid-19 a frappé durement le Haut-Rhin et perturbé le déroulement du vote. La participation a été affectée et, conséquence notable, Michèle Lutz a obtenu les suffrages de moins de 10 % des inscrits. Ce chiffre souligne une base électorale réduite et pose une contrainte importante pour une réélection dans un contexte concurrentiel.
Par ailleurs, la période écoulée a été marquée par des tensions internes. Des désaccords au sein de l’équipe municipale et des conflits d’opposition sont mentionnés comme ayant contribué à l’émiettement des candidatures. Ce climat a facilité l’apparition de nouvelles listes, élargissant le champ de la compétition locale.
Oppositions et candidatures à droite et au centre
Sur l’échiquier politique local, Michèle Lutz devra composer avec plusieurs rivales issues de son camp et du centre. Parmi elles figure Cécile Sornin, ancienne conseillère municipale de l’édile, qui se présente désormais en concurrente sur l’espace centre droit. Cette rupture interne ajoute une dimension personnelle et politique à la bataille pour la succession des voix centristes et droitières.
Autre candidature notable : celle de Lara Million, qualifiée dans le texte de candidate macroniste. Élue en 2020 sur une liste Renaissance, elle occupe également des responsabilités à l’échelle régionale. Elle est conseillère régionale et vice-présidente chargée des finances à la collectivité européenne d’Alsace, structure qui regroupe le Bas-Rhin et le Haut-Rhin depuis 2021. Sa double ancrage — local et régional — en fait une personnalité à suivre dans la campagne.
La coexistence de plusieurs candidatures proches idéologiquement peut entraîner une dispersion des voix. C’est un élément stratégique majeur pour l’issue du scrutin, surtout dans un système où les majorités se construisent sur des marges étroites. L’émiettement attendu à la droite et au centre pourrait bénéficier à des listes mieux structurées ou à des candidatures capables d’agréger des soutiens transversaux.
Enjeux et équilibres municipaux
Au-delà des personnalités en lice, l’élection soulève des questions sur la gouvernance locale et la capacité à rassembler après une période de tensions. La gestion post-Covid et les priorités budgétaires locales figurent parmi les thèmes susceptibles de polariser le débat, en particulier si l’on considère le rôle de candidates comme Lara Million, en charge des finances au niveau de la collectivité régionale.
La multiplicité des listes oblige également chaque camp à clarifier ses alliances éventuelles dès le premier tour. Les négociations entre tours, si elles ont lieu, seront déterminantes pour recomposer des majorités et éviter une division définitive des électorats voisins.
Enfin, la mémoire du faible taux de participation de 2020 reste un paramètre à prendre en compte. La mobilisation des électeurs, la capacité des candidats à convaincre les indécis et la gestion des enjeux locaux détermineront l’issue d’un scrutin présenté comme particulièrement ouvert.





