Le Parti socialiste (PS) a décidé d’accorder son investiture pour les élections municipales de Perpignan à la liste d’Agnès Langevine, vice‑présidente de la région Occitanie et membre de Place publique, plutôt qu’à celle du socialiste Mathias Blanc, a indiqué la direction du parti à l’Agence France‑Presse (AFP) dimanche 8 février.
Choix stratégique pour contrer Louis Aliot
Selon un membre de la commission électorale du PS cité par l’AFP, l’objectif de cette décision est « de faire front commun pour laisser le moins d’espace possible à [Louis] Aliot », actuel maire de Perpignan sous l’étiquette du Rassemblement national (RN).
Agnès Langevine a salué l’investiture comme « de la responsabilité avant tout, et de l’efficacité, pour battre Louis Aliot, puisque c’est quand même de ça dont il s’agit à Perpignan », a‑t‑elle déclaré à l’AFP. Elle a également estimé que la décision clarifie le choix pour les électeurs de gauche et pour les électeurs socialistes, qui, selon elle, « se sentaient pris en otage avec ces deux propositions de liste ».
La tête de liste d’union se présente sous l’étiquette « Plus forts pour Perpignan ». Cette liste se définit comme une union de la gauche et du centre et comprend notamment l’avocate Annabelle Brunet.
La situation de Mathias Blanc et sa liste
Mathias Blanc conduit une liste baptisée « Perpignan Autrement », constituée, selon l’article, autour de militants du PS, du Parti communiste français (PCF) et du Parti radical de gauche (PRG). Sollicité par l’AFP, M. Blanc n’était pas joignable dimanche soir.
Le PS a donc choisi d’investir la candidature portée par un partenaire politique extérieur au parti plutôt que celle d’un militant socialiste qui avait rassemblé plusieurs composantes locales. Ce choix illustre la priorité donnée à l’unité locale et au rapport de forces face à l’adversaire communal considéré comme central.
Appel national d’Olivier Faure: faire barrage au RN
Le même jour, dimanche, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a pris la parole devant plus de 1 200 personnes réunies à la salle de la Mutualité, à Paris. Il a appelé à faire du scrutin municipal « la première digue, le premier barrage au RN et à la droite dévoyée » en vue de l’élection présidentielle de 2027, pour laquelle il plaide en faveur de l’organisation d’une primaire de la gauche.
Olivier Faure a invité la jeunesse à ne pas céder « à la tentation de la confiance aveugle » envers l’extrême droite. Il les a encouragés à « rejeter les gourous, le prêt‑à‑penser ou les slogans accrocheurs sans lendemain », selon les mots rapportés par l’AFP.
Ambitions municipales et alliance de la gauche
Le Parti socialiste dispose actuellement d’environ 1 200 maires et dirige un quart des villes de plus de 20 000 habitants, rappelle le texte. Pour ces municipales, le PS présente plus de 2 000 candidats têtes de liste et nourrit des espoirs de conquête dans des villes comme Saint‑Étienne, Limoges, Amiens ou Toulouse, cités dans le communiqué.
Fervent défenseur du rassemblement, Olivier Faure a réaffirmé la stratégie d’union avec les partenaires de gauche, à l’exception de La France insoumise. Il a indiqué qu’« pour la première fois socialistes, communistes, écologistes, militants de Place publique, de l’Après ou de Debout partent unis, dès le premier tour dans la plupart de nos villes ».
Cette posture traduit la volonté du PS d’afficher une cohérence nationale pour les municipales et au‑delà, dans la perspective de la présidentielle. Elle s’accompagne d’un choix tactique local, comme à Perpignan, où l’investiture donnée à Agnès Langevine doit favoriser une candidature unique de la gauche face au RN.
Le parti mise ainsi sur la clarté des offres politiques et sur des alliances élargies pour limiter l’espace électoral du Rassemblement national, tout en cherchant à convertir cette dynamique en gains municipaux dans plusieurs villes ciblées.





