« Avec Franck Raynal, fiers d’être pessacais » clame une large banderole jaune installée sur l’artère principale de Pessac, en périphérie de Bordeaux. Au milieu des tracts et d’un local de campagne ordonné, le maire sortant, 54 ans, apparaît comme un candidat expérimenté qui se lance pour un troisième mandat.
Un parcours politique étalé et une bascule de 2014
Franck Raynal, ancien membre des Républicains, est désormais délégué départemental d’Horizons. Il a fait basculer la ville à droite en 2014, en remportant le scrutin avec 51,89 % des suffrages face au maire socialiste sortant Jean-Jacques Benoît.
Lors de la campagne suivante, en 2020 et au cœur de la crise sanitaire, il a été reconduit à la tête de la commune avec une marge très étroite, seulement 174 voix d’avance sur le socialiste Sébastien Saint-Pasteur. Ces deux résultats traduisent la polarisation électorale qui marque Pessac depuis plus d’une décennie.
Des alliances nationales visibles, des divisions locales
Pour ce nouveau rendez-vous électoral, Franck Raynal conduit sa liste sous la bannière associée à Edouard Philippe, son ancien camarade de promotion à Sciences Po. Cette référence nationale s’inscrit dans une stratégie d’ancrage à droite et centre-droit, déjà mobilisée lors des échéances précédentes.
Sur le terrain, le tableau reste cependant fragmenté : la gauche locale présente trois listes distinctes, tandis qu’une candidature a été annoncée à l’extrême droite. Cette configuration annonce une compétition à plusieurs fronts et complique l’analyse des transferts de voix, notamment en cas de duel au second tour.
L’entrée en lice de Bérangère Couillard
Principal défi pour le maire sortant : la candidature de Bérangère Couillard. Ancienne députée (2017–2022) et ex-ministre déléguée chargée de l’égalité femmes‑hommes et de la lutte contre les discriminations dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, elle présente une liste municipale après sa défaite dans la 7e circonscription de Gironde en 2024 face à Sébastien Saint-Pasteur.
Son profil national et son expérience ministérielle modifient l’équation locale en apportant une visibilité médiatique et des relais politiques différents de ceux des forces municipales traditionnelles.
Un scrutin incertain aux ressorts connus
La combinaison d’un sortant disposant d’un ancrage récent à droite, d’une candidature d’envergure venue de l’extérieur et d’une gauche divisée rend l’issue difficile à anticiper à partir des seuls éléments disponibles.
Les marges serrées des scrutins antérieurs — 51,89 % en 2014 et un avantage de 174 voix en 2020 — montrent que de faibles déplacements d’électeurs ou des recompositions d’alliances pourraient inverser le résultat. La présence d’une liste d’extrême droite ajoute, par ailleurs, un facteur de dispersion des voix sur l’échiquier politique local.
Les dates annoncées pour le scrutin — les 15 et 22 mars — restent le calendrier de référence qui organisera la séquence électorale et les possibles qualifications au second tour. Dans ce contexte, la capacité des listes à nouer des accords ou à fédérer des électorats distincts sera déterminante.
Sans nouvelle information chiffrée ou sondages récents, il est toutefois impossible d’évaluer précisément les rapports de force. Ce constat souligne la prudence nécessaire pour toute prévision et la place centrale des jeux d’alliances dans une campagne municipale fragmentée.
Au terme de la campagne, la mobilisation électorale et les transferts entre les tours définiront l’issue d’un scrutin que tous qualifient d’incertain.





