À 25 kilomètres au nord‑ouest de Paris, Pontoise, dans le Val‑d’Oise, conserve un centre‑ville médiéval qui rappelle son rôle historique comme capitale du Vexin. La commune forme, avec sa voisine Cergy, l’une des premières « villes nouvelles » de la périphérie parisienne.
Bilan de la maire sortante lors du dernier conseil
Ce soir du 6 février, au sommet de la colline qui surplombe Pontoise, la maire (Les Républicains) Stéphanie Von Euw préside le dernier conseil municipal de sa mandature et dresse un bilan public. Les six années écoulées ont été marquées par plusieurs crises locales et nationales qui ont pesé sur la gestion municipale.
La crise du Covid‑19 a constitué la première de ces épreuves, obligeant la municipalité à adapter ses services et ses dispositifs d’urgence. Viennent ensuite des incidents locaux fortement médiatisés, parmi lesquels l’incendie et l’effondrement, en juillet 2020, de la dalle de Marcouville, un quartier populaire en périphérie de la ville.
La maire évoque aussi une « violente prise à parti » pendant les émeutes de 2023 et déplore, entre autres raisons, ce qu’elle qualifie d’« une administration centrale en défaut ». Face à ces événements, elle met en avant le travail des services municipaux et des élus.
Malgré ce contexte, Stéphanie Von Euw apparaît confiante et candidate à sa réélection. Elle multiplie les salutations et les échanges avec les conseillers présents, et prend un moment pour remercier des élus de longue date. Elle déclare notamment : « Certains sont là depuis plus de trente ans, je me dois de les remercier. »
La sécurité au cœur de la campagne de la droite
La droite locale, présentée comme unie sur la ligne municipale, a fait de la sécurité un thème central de campagne. Cette priorité s’appuie sur les incidents récents qui ont marqué l’opinion locale et sur le souhait affiché d’assurer la tranquillité des quartiers.
Dans ce registre, la maire sortante et ses soutiens insistent sur le renforcement des moyens municipaux, la coordination avec les forces de l’ordre et la prévention dans les secteurs identifiés comme sensibles. Le discours se veut rassurant pour les habitants, ciblant la nécessité d’une réponse locale aux problèmes concrets rencontrés sur le terrain.
Les appels à l’ordre public servent aussi de cadre pour justifier des projets municipaux et des mesures administratives. Reste que, selon les oppositions, la sécurité ne se réduit pas à une dimension policière et nécessite des réponses sociales et urbaines complémentaires.
Une gauche fragmentée au rythme des divisions nationales
En face, la gauche avance divisée, selon les lignes de fracture observées au niveau national. Cette fragmentation complique la constitution d’un front unique susceptible de concurrencer efficacement la liste sortante.
Les dissensions portent tant sur les alliances locales que sur les priorités programmatiques. Là où la droite focalise sa campagne sur la sécurité, les forces de gauche proposent, pour certains, de mettre davantage l’accent sur le logement, la solidarité et la rénovation urbaine — thèmes soulignés par les événements de Marcouville et par les attentes des quartiers populaires.
Cette division oblige chaque formation de gauche à définir sa stratégie propre, ce qui peut diluer leur capacité à rassembler les électeurs autour d’un projet commun. Les équilibres locaux semblent donc fortement liés à la dynamique nationale des partis.
Enjeux locaux et perspectives
Au‑delà des chiffres et des incidents, l’élection municipale se jouera sur la perception de la gestion quotidienne de la ville et sur la capacité des candidats à proposer des réponses concrètes. Les questions de rénovation urbaine, de prévention, d’accompagnement social et d’entretien du patrimoine historique constituent des préoccupations régulières des habitants.
À quelques semaines du scrutin, la campagne s’organise autour d’un clivage clair : une droite axée sur la sécurité et la continuité de gestion, et une gauche dispersée autour de priorités sociales et urbaines concurrentes. La mobilisation des électeurs et la capacité des listes à traduire ces enjeux en propositions lisibles resteront déterminantes.





