Par Ulysse Legavre-Jérôme
Résultats contrastés : gains en province, défaites dans les grandes métropoles
Les Républicains (LR) ont connu un scrutin municipal en demi-teinte : plusieurs conquêtes notables en villes moyennes et petites n’ont pas suffi à masquer des revers symboliques dans les principales métropoles françaises.
Si la droite reste « forte dans les petites et moyennes villes », comme l’ont souligné ses responsables, elle n’a pas remporté de victoire symbolique dans les grandes villes ce dimanche. À Paris, Lyon et Marseille, les candidats ou listes soutenues par LR ont échoué à s’imposer.
Dans la capitale, la candidate LR Rachida Dati a été largement battue par le socialiste Emmanuel Grégoire. À Lyon, Jean-Michel Aulas — tête d’une liste d’union de la droite et du centre — a été devancé par le maire écologiste sortant, Grégory Doucet. À Marseille, Martine Vassal, soutenue par LR, a réalisé un score jugé « bien pire qu’attendu » par plusieurs observateurs du camp de droite.
Conquêtes et pertes : un panorama dispersé
LR peut toutefois inscrire au crédit du parti plusieurs succès municipaux : Clermont-Ferrand, Bastion historique de la gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Brest et Besançon ont basculé en faveur des Républicains. Le parti revendique également la prise de Colombes, Cherbourg, Istres et Tulle.
Parmi les autres résultats relevés, David Lisnard a été réélu dès le premier tour à Cannes et Jean-François Copé a conservé Meaux, également depuis le premier tour. François Baroin a été réélu à Troyes.
Mais ces gains n’effacent pas plusieurs pertes sensibles : Nice est passée à Eric Ciotti, allié au Rassemblement national (RN), qui a arraché la cinquième ville de France au maire sortant Christian Estrosi, soutenu officiellement par LR mais lâché par Bruno Retailleau à quelques jours du second tour. « À Nice, il n’y avait pas de candidat LR », a déclaré sur France TV François-Xavier Bellamy, numéro deux du parti, pour relativiser cette défaite.
Autre coup dur pour la droite : Nîmes, jusqu’alors la seule ville de plus de 150 000 habitants dirigée par LR depuis 2020, est tombée aux mains des communistes.
Interprétations internes et enjeux pour 2027
Face à ces résultats, les dirigeants de LR ont multiplié les apparitions médiatiques pour tenter de cadrer le récit. Bruno Retailleau, depuis le siège du parti, a réaffirmé : « Nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale en France. » Il avait auparavant souhaité « voir se lever une vague bleue » à l’occasion de ce scrutin.
Pour autant, plusieurs cadres du parti reconnaissent que l’absence de victoires dans les grandes métropoles pèse sur la perception d’une dynamique nationale. « Sans Paris ou Lyon, la vague sera géographique, mais pas politique », concédait un vice-président de LR quelques jours avant le second tour.
Les résultats pourraient intensifier les tensions internes. LR se réunit en bureau politique dès mardi pour analyser le scrutin ; Bruno Retailleau devrait y faire face aux critiques de rivaux, dont Laurent Wauquiez. Sur le plateau de TF1, ce dernier a déjà résumé la ligne critique : « Quand la droite a été rassemblée, elle a été en mesure de l’emporter. À l’inverse, quand on est divisés, on perd. »
Dans le même temps, d’autres forces et lignes politiques enregistrent des faits marquants : le RN n’a pas réussi à reprendre Toulon, tandis qu’Edouard Philippe a remporté son pari au Havre, des éléments relevés dans le panorama du scrutin.
Au total, ces municipales montrent un paysage local fragmenté : LR conserve un ancrage solide dans de nombreuses communes, mais peine à transformer ces succès en gains significatifs dans les grandes villes, un facteur que le parti et ses concurrents garderont à l’esprit en vue de la présidentielle de 2027.





