Pas d’accord national entre le PS et LFI, dit Olivier Faure
Interrogé sur BFMTV ce jeudi 26 mars, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a affirmé qu’il n’y avait « aucune possibilité pour un accord national » entre le Parti socialiste et La France insoumise pour l’élection présidentielle et les élections législatives prévues en 2027.
Si le dirigeant socialiste ferme la porte à une alliance au niveau national, il tient toutefois à distinguer le chef de file politique du mouvement et les électeurs qui lui donnent leur voix. « Je ne suis pas irréconciliable avec l’ensemble de ceux qui votent insoumis », a-t-il nuancé, ajoutant qu’il « conteste le leader de la France insoumise », Jean‑Luc Mélenchon.
Accords locaux, bilans contrastés
Olivier Faure a rappelé que, localement, plusieurs accords ont été noués entre candidats socialistes et candidats insoumis à l’issue du premier tour des municipales. Ces alliances, parfois motivées par la volonté de faire battre des listes de droite ou d’extrême droite, ont produit des résultats inégaux au second tour.
Le premier secrétaire cite deux exemples opposés : une réussite à Nantes, où la coalition a permis la réélection de Johanna Rolland, et un échec dans d’autres grandes villes comme Toulouse. Ces différences de résultat sont, selon lui, révélatrices d’une stratégie et d’une mécanique politique qui ne se prêtent pas aisément à une transposition au niveau national.
Le leadership de Jean‑Luc Mélenchon pointé du doigt
Critique à l’égard du leader de La France insoumise, Olivier Faure a qualifié Jean‑Luc Mélenchon de « boulet » pour certaines dynamiques de la gauche. Il estime que le comportement ou le positionnement du dirigeant insoumis a contribué à faire « descendre » un « plafond de verre », rendant plus difficile l’élargissement du vote de gauche dans certains territoires.
Faure a par ailleurs exprimé sa perplexité sur le profil de certains candidats LFI qui ont choisi de s’allier avec des socialistes lors des municipales. « Est‑ce qu’ils sont antisémites? (…) Est‑ce qu’ils sont de dangereux barbares ou est‑ce qu’on avait affaire à des gens qui avaient mené une campagne qui avait recueilli suffisamment de suffrages pour qu’on s’intéresse à ce qu’ils avaient fait? », a‑t‑il interrogé, reprenant des formulations fortes utilisées lors de l’entretien.
Un appel adressé aux électeurs insoumis
Au‑delà des dirigeants, Olivier Faure s’est tourné vers les électeurs de La France insoumise en leur lançant un message direct. « Je leur dis: ‘vous ne voyez pas que vous êtes avec un plafond de verre qui descend à chaque fois à cause de Jean‑Luc Mélenchon? Ça ne vous intéresse pas de voir que c’est un boulet qui vous empêche de porter votre message?' », a‑t‑il déclaré, les appelant implicitement à réfléchir au coût électoral du choix de leadership.
Cette interpénétration entre critique du chef de file et volonté de maintenir le dialogue avec les électeurs illustre la ligne suivie par une partie du PS : marquer la distance avec la stratégie nationale de LFI sans rompre complètement les canaux d’échange avec son électorat.
Enjeux pour 2027
Le refus d’un accord national pose d’ores et déjà la question des convergences programmatiques et des stratégies de rassemblement à gauche en vue de 2027. À l’échelle locale, des coopérations tactiques pourront encore se nouer selon les réalités municipales. Mais, selon Olivier Faure, ces expériences locales ne permettent pas de fonder, automatiquement, une alliance nationale.
La position du premier secrétaire appelle les forces de gauche à clarifier leurs priorités et leurs modes d’entente pour la présidentielle et les législatives, tout en laissant ouverte la possibilité d’adresser des messages distincts aux électeurs s’étant tournés vers La France insoumise.





