Retour symbolique à la Maison de la Mutualité
Neuf ans après le lancement de campagne de Benoît Hamon en janvier 2017, le Parti socialiste (PS) est revenu dimanche 8 février 2026 à la Maison de la Mutualité, dans le 5e arrondissement de Paris. Ce retour, qualifié par certains acteurs du parti de « retour aux sources », intervient après une longue absence du lieu qui restait associé à un souvenir jugé douloureux pour la formation.
La scène a repris une portée symbolique : la même salle où le PS avait enregistré un revers politique majeur en 2017 a accueilli cette fois une convention nationale destinée à lancer la campagne pour les élections municipales. Le choix du lieu illustre une volonté de renouer avec l’histoire du parti sans pour autant effacer les leçons des scrutins passés.
Un lancement tourné vers 2027
Lors de la convention, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a présenté cet événement comme une « mise en orbite » de la campagne présidentielle du parti pour 2027. L’expression suggère une stratégie de long terme, visant à inscrire dès maintenant les municipales dans une trajectoire nationale plus vaste.
La formulation d’Olivier Faure met en avant l’idée d’une double échéance : affirmer des ambitions locales pour 2026 tout en préparant le terrain pour l’élection présidentielle prévue l’année suivante. Le parti cherche ainsi à consolider son ancrage municipal tout en écrivant une narration politique susceptible de porter des projets nationaux.
Chiffres et mobilisation
Plus de 2 000 têtes de liste ont été désignées pour les municipales — un chiffre qualifié de record par le PS. Ce volume élevé de candidatures formelles traduit, au moins sur le papier, une capacité d’implantation très large et une volonté de présence dans de nombreuses communes.
Sur le plan de la mobilisation pour la convention elle‑même, la salle ne s’est pas remplie complètement : « malgré quelques rangées vides », environ 1 200 militants et sympathisants ont assisté à l’événement. Le public présent était majoritairement composé de Parisiens et de Franciliens, d’après les organisateurs.
Les chiffres fournis — plus de 2 000 têtes de liste et 1 200 participants — constituent des éléments centraux pour évaluer l’ampleur de la mobilisation. Ils devront néanmoins être mis en perspective à l’aune des équilibres locaux et du résultat effectif le jour du vote.
Un parfum d’union sacrée, mais des lignes à tracer
La convention a été marquée par une atmosphère que plusieurs participants ont décrite comme celle d’une « union sacrée ». Ce climat traduit un effort de rassemblement interne, essentiel pour un parti qui cherche à éviter les divisions visibles à l’approche d’échéances électorales.
Cependant, le constat des rangées vides et la précision sur la composition du public indiquent que la mobilisation n’a pas été homogène ni totalement massive. La présence majoritaire de militants et sympathisants franciliens suggère aussi que la réunion a eu une portée régionale plus forte que nationale.
Sur le plan politique, la réussite de la stratégie annoncée dépendra de plusieurs facteurs : la translation de la dynamique locale vers une visibilité nationale, la capacité à transformer les candidatures en listes compétitives, et la tenue d’un discours unificateur au sein des fédérations départementales.
La convention à la Maison de la Mutualité, en renouant avec un lieu chargé d’histoire pour le PS, vise à conjuguer mémoire et ambition. Reste à voir si ce geste symbolique suffira à produire une dynamique électorale durable dans les mois qui viennent.





