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Pau : Jérôme Marbot bat François Bayrou de justesse aux municipales, forte abstention, RN au conseil et arbitrage attendu entre centre‑ville et quartiers populaires

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À Pau, Jérôme Marbot (gauche) remporte de justesse la mairie face à François Bayrou, dans un scrutin marqué par une forte abstention. La nouvelle équipe devra arbitrer entre les projets du centre‑ville et les attentes des quartiers populaires, tandis que le Rassemblement national entre au conseil municipal.

Un résultat serré et une alternance municipale

À Pau, le maire sortant François Bayrou a perdu son siège : Jérôme Marbot, candidat de la gauche (hors Lutte Ouvrière et LFI), l’a emporté dimanche soir après un second tour disputé.

Ancien adjoint à la mairie sous Martine Lignières-Cassou, Jérôme Marbot, 50 ans, a devancé son principal adversaire de 344 voix et totalise 42,45 % des suffrages. François Bayrou, arrivé en tête au premier tour avec 33,83 %, n’a pas réussi à conserver la mairie qu’il occupait.

Le tiers de l’électorat s’était initialement partagé entre les candidats : Margaux Taillefer, candidate du Rassemblement national âgée de 26 ans, avait obtenu au premier tour un score notable, proche de la moitié des voix de Bayrou (elle était la troisième qualifiée). Philippe Arrou figurait également dans la course avec 6,15 % des voix au premier tour.

La défiance électorale et le rôle de l’abstention

Le second tour a été marqué par une forte abstention : environ 45 % des inscrits ne se sont pas rendus aux urnes, un niveau supérieur à la moyenne des Pyrénées-Atlantiques (37,5 %) et qualifié dans le reportage comme l’un des plus élevés pour une élection municipale à Pau, hors contexte de 2020.

« Je sens une envie de changement », a déclaré Jérôme Marbot en milieu d’après-midi, devant un bureau de vote du quartier populaire de l’Ousse des Bois. Au soir du scrutin, il a affirmé vouloir incarner « une nouvelle ère » et promis d’« améliorer le quotidien des Paloises et des Palois dans les six prochaines années ».

La forte abstention a été analysée par plusieurs protagonistes comme l’expression d’un sentiment d’abandon de certains quartiers. Margaux Taillefer a estimé que « si l’abstention est aussi forte, c’est avant tout car les Palois ont l’impression d’avoir servi de tremplin politique et se sentent délaissés. Un maire doit être proche et accessible, sur le terrain, comme nous n’avons cessé de l’être ». Ces propos ont été recueillis alors qu’elle effectuait une tournée des bureaux de vote, elle aussi dans le quartier de l’Ousse des Bois.

Priorités contestées : centre-ville vs quartiers populaires

Les débats de campagne ont opposé deux visions de la ville. D’un côté, les travaux et embellissements du centre-ville — rénovation des façades, aménagements autour de la gare — ont été relevés comme des réalisations saluées par certains. De l’autre, ces mêmes interventions sont critiquées pour leur coût et jugées moins prioritaires face aux besoins des quartiers populaires.

Plusieurs habitants interrogés ont résumé ce clivage. Camille, 33 ans, a déclaré qu’« il fallait absolument empêcher Bayrou de rester maire après le scandale Bétharram », expliquant ainsi son abstention au premier tour. Jean, 21 ans et étudiant, a critiqué la politique de promotion de la ville : « je ne veux pas que Pau grandisse davantage. Et je l’ai trouvé agressif et trop fier de lui durant le dernier débat… Il s’est même attribué les performances de la Section Paloise, c’est gonflé ! » Ces témoignages reflètent des attentes différentes entre habitants du centre et résidents des grands ensembles construits après la découverte du gisement de Lacq.

Un conseil municipal renouvelé et des équilibres à trouver

La victoire de Jérôme Marbot ouvre une période de transition : il devra composer avec une nouvelle composition du conseil municipal, dans laquelle des élus du Rassemblement national feront leur entrée. Cette configuration promet des débats tendus sur les priorités municipales et la manière de répondre aux préoccupations sociales et de cadre de vie.

Jérôme Marbot a insisté sur la nécessité de mobiliser autrement que par des attaques personnelles : « On ne mobilise pas en attaquant les autres, mais en faisant de la politique une source d’espoir », a-t-il affirmé, indiquant vouloir concentrer ses efforts sur les services de proximité et la présence de la mairie sur le terrain.

François Bayrou, figure politique nationale et maire sortant de Pau, voit son avenir local interrompu par ce résultat. Le vote traduit une volonté de renouvellement chez une partie de l’électorat paloise, même si la participation limitée laisse planer une incertitude sur la représentativité pleine et entière du scrutin.

La nouvelle équipe municipale, installée pour un mandat de six ans, devra rapidement préciser son programme d’action, en particulier sur la redistribution des priorités entre centre-ville et quartiers périphériques, et sur les mesures visant à réduire l’abstention et restaurer la confiance des habitants.

Parlons Politique

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