Présidentielle 2027 : baromètre Le Monde — dédiabolisation du RN, banalisation de la préférence nationale, du voile et de la sécurité, urgence d’une mobilisation

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Le baromètre du Monde (11 janvier) révèle que le Rassemblement national (RN) n’a jamais été aussi puissant : plus des deux tiers des Français estiment qu’il peut accéder au pouvoir et seulement 41 % le jugent dangereux. Banalisations et stratégie de dédiabolisation ont ancré des propositions du RN (préférence nationale, interdiction du voile, sécurité) dans l’opinion, fragilisant le « barrage républicain » et appelant à une réponse politique claire et une mobilisation avant 2027.

Depuis 1984, Le Monde publie un baromètre consacré au Front national, rebaptisé ensuite Rassemblement national (RN). Ce travail longitudinal, qui lisse les soubresauts de l’actualité, permet de suivre avec précision l’implantation et la progression de l’extrême droite dans la vie politique et dans la société françaises.

Un constat sans équivoque

La dernière édition de ce baromètre, dont les résultats ont été révélés dimanche 11 janvier, dresse un constat net : le RN n’a jamais été aussi puissant. Le parti issu de la scission créée par Jean‑Marie Le Pen a quitté les marges pour occuper une place de plus en plus centrale.

Selon l’enquête, plus de deux tiers des personnes interrogées estiment que le RN a la capacité d’accéder au pouvoir. Une part croissante de l’opinion ne considère plus cette perspective comme inquiétante : le RN n’apparaît désormais comme un danger qu’aux yeux de 41 % des sondés. Parallèlement, une majorité prête au parti des effets positifs sur des enjeux concrets, tels que la réindustrialisation, les services publics ou le pouvoir d’achat.

Banalisations, dédiabolisation et ancrage social

La progression du RN s’explique selon le baromètre par une double dynamique : d’une part, des provocations répétées qui ont progressivement été banalisées ; d’autre part, une stratégie de dédiabolisation accompagnée de relais médiatiques et de succès électoraux. Ces éléments ont contribué à normaliser le parti dans le débat public.

Depuis 2018, le pourcentage de sondés en désaccord avec les idées du RN est passé de 70 % à 44 %. Cette baisse traduit une diffusion des propositions du parti au sein de la société. La crise liée à la pandémie de Covid‑19, à partir de 2020, a accentué cette évolution : le baromètre note un durcissement des opinions, 80 % des personnes interrogées réclamant une justice plus sévère.

Parmi les propositions devenues majoritaires figurent des mesures emblématiques du RN, parfois contraires à la Constitution, comme l’interdiction du voile islamique dans l’espace public ou la préférence nationale en matière d’allocations familiales et d’embauches. Ces idées gagnent des soutiens dans des parties de la gauche et séduisent des segments entiers de l’électorat des retraités, affaiblissant progressivement les piliers du « barrage républicain ».

Perspectives électorales et lignes de fracture

Dans un paysage politique fragmenté, cette dynamique s’est renforcée au fil des années. Les échéances électorales à venir pèsent lourd : après les législatives de 2024, qui ont montré une forte participation et l’émergence de fronts républicains dans de nombreuses circonscriptions, l’hypothèse d’une montée en puissance du RN demeure une réalité tangible.

Le texte souligne toutefois que le scrutin présidentiel de 2027 n’est pas joué d’avance. Deux facteurs peuvent influer : d’une part, la capacité des autres forces politiques à mobiliser et à proposer des réponses convaincantes ; d’autre part, des éléments dissuasifs pour certains électeurs, comme les liens idéologiques affichés par Marine Le Pen et Jordan Bardella avec Donald Trump, ou la proximité passée du RN avec Vladimir Poutine.

Le baromètre a été publié à deux jours du procès en appel de Marine Le Pen, ce qui renforce le contexte politique dans lequel ces chiffres circulent. L’article insiste sur la nécessité d’un débat démocratique approfondi, comparant la situation française à celle d’autres pays où la montée de l’extrême droite a marqué la vie politique (les États‑Unis, la Hongrie, l’Italie, cités dans le texte).

Les auteurs appellent à une confrontation d’idées large et transparente : un débat public qui n’exclut aucune thématique et qui expose clairement les promesses du RN afin de les déconstruire et d’offrir des alternatives crédibles. Ils demandent aussi que ce débat soit préservé des polémiques instrumentalisées et des ingérences étrangères.

Il reste, selon l’article d’origine, quinze mois au personnel politique pour se préparer et démontrer qu’il est à la hauteur des enjeux. Ce délai est mis en regard des risques et des opportunités identifiés par le baromètre : la montée du RN peut être combattue par des propositions claires et un affrontement politique structuré.

En somme, le baromètre du Monde met en lumière une évolution profonde et invite les acteurs politiques à répondre par des idées et par la mobilisation. Le constat est net : l’extrême droite y gagne en puissance, et la réponse démocratique exige d’être tout aussi déterminée et lisible.

Parlons Politique

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